holy_quran_by_zahideltelpany

Dieu dit dans Son Saint Coran : «Cette dernière Demeure, Nous la réservons à ceux qui ne cherchent, ni à s’élever sur terre, ni à y semer la corruption. Et l’heureuse fin est pour les pieux. » Il dit aussi : « Et ne foule pas la terre avec arrogance.»

 

Dans une de ces sagesses, Sidi Abu Madian Al-Ghawth enseigne : « L’orgueil annule les œuvres, et si l’on est humble, un minimum suffit. »

 

Le Cheikh Al-Alawi commente ainsi : « L’orgueil rend inutile toute œuvre, car c’est en soi une transgression permanente que d’être orgueilleux. L’humilité n’est jamais vaine, car elle est une forme d’œuvre permanente. On a dit en ce sens : « Dieu élève qui s’humilie pour Lui, de même qu’Il abandonne l’orgueilleux. »

Abaisse-toi, tu ressembleras à la pleine lune élevée,

Dont les gens ne regardent que le reflet dan l’eau.

Ne sois pas comme la fumée qui s’élève d’elle-même

Dans le ciel, alors qu’elle n’est qu’un produit de la terre

De quelle œuvre peut-on se targuer si l‘on est orgueilleux ? Et comment l’humilité serait-elle vaine ? Une seule prière de deux rak’as faite par un homme humble vaut mieux pour Dieu que toutes les œuvres d’un orgueilleux, parce que plus ce dernier agit, plus il s’éloigne de Dieu « … » Fais attention  à l’orgueil car il corrompt les œuvres. Comment peux-tu t’y complaire, alors que tu vois bien que les Connaissants sont des gens humbles et parfaitement éduqués ? En cela ils s’inspirent du comportement de l’Envoyé qui, malgré sa noblesse et son haut degré, était d’une grande humilité, comme le montre la tradition. Il disait notamment : « moi, je m’assieds et je mange comme le fait l’esclave. » « … » Il a tout simplement interdit l’orgueil, montrant lui-même l’exemple. L’homme orgueilleux ne peut convenir qu’à l’enfer car c’est justement la demeure des orgueilleux. « N’entrera jamais dans Mon paradis qui refuse de s’abaisser devant Mon immensité ! » (Hadith qudsi) D’autres traditions du Prophète (SAS) disent : « Celui qui a dans le cœur le poids d’un grain de moutarde d’orgueil n’entrera pas au paradis » et encore : « Dieu s’exclame : La Grandeur est Ma cape, et l’Immensité Mon pagne ; quiconque me les dispute, je le châtierai ! »

Et quant à la Présence divine, la moindre trace d’orgueil la rend inaccessible. Celui qui se prend pour quelqu’un d’important tombe immédiatement dans l’estime de Dieu, et même les créatures le considèrent comme des plus vils. L’un d’eux disait :

Celui auquel son âme suggère d’être orgueilleux

Est bien insignifiant pour les gens de Dieu.

Pauvre de toi, sois humble ! Qui es-tu pour t’enorgueillir ainsi ? « Ne parcours pas le terre avec insolence. Tu ne peux ni déchirer la terre, ni atteindre à la hauteur des montagnes. » (Cor. 17,37)

Tu es ce qu’il y a de plus insignifiant, et tu t’en rendrais compte si tu examinais avec attention des défauts et ta génération ; tu fus une goutte de sperme, tu deviendras cadavre, et entre ces deux moments, tu es bien impuissant. Quand reviendras-tu à Dieu et e repentiras-tu de cette calamité qui fut la cause de l’éviction de Satan de la Présence divine ? « Sors d’ici ! Tu n’as pas à te montrer orgueilleux en ce lieu » (Cor. 7,13). Efforce-toi donc de combattre cette maladie mortelle, et cherche pour cela des médecins qualifiés, peut-être Dieu te prendra en charge et te délivrera de ce mal, « et cela n’est pas difficile pour Dieu » (Cor. 14,20). Voilà le commentaire du Cheikh.

Cette qualité qu’est l’humilité a été enseignée dès les débuts du soufisme comme une de ses qualités spirituelles les plus importantes. Et à ce titre, le fameux Mémorial des Saints de Farid Ud-Din ‘Attar regorge d’histoire quant à l’extrême humilité des premiers soufis. Voici donc un passage sur l’humilité à travers la grande figure de notre maître Hassan Al-Basrî :

« On raconte que Hassan Basri considérait comme bien supérieur à lui quiconque il voyait. Un jour, comme il marchait sur le bord du fleuve, il vit un noir qui était assis tout près d’une femme ? Devant lui étaient placées une coupe et une cruche ; et chacun d’eux versait à son tour de la cruche dans la coupe et buvait. Hassan Basri se dit en voyant cet homme : « En voilà encore un qui vaut mieux que moi. » Toutefois il lui vint à l’esprit : « Sous le rapport de l’observance légale, il est bien possible qu’il ne l’emporte pas sur moi puisqu’ il a auprès de lui une femme de mauvaise mœurs et qu’il est installé à boire du vin. » Au milieu de ces réflexions vint à paraître sur le fleuve un bateau lourdement chargé et monté par sept personnes. Comme il allât aborder, il sombra tout à coup. Le noir, se jetant à l’eau, en retira successivement six personnes ; puis allant à Hassan Basri, il lui dit : « Lève toi ; si tu es meilleur que moi, j’en ai sauvé pour ma part six, tu peux bien un en sauver un pour la tienne » ; et il ajouta : « Ô musulmans ! Dans cette cruche il y a de l’eau, et quant à cette femme, c’est ma mère. J’ai voulu éprouver Hassan » ; et s’adressant à Hassan : « Voilà, tu as vu avec l’œil du dehors et tu n’as pas été capable de voir avec l’œil de l’intérieur. » A ces mots Hassan Basri, tombant aux pieds de ce noir, lui baisa la main et compris que c’était un des serviteurs d’élite du Seigneur très haut. «  Ô vénérable ! Lui dit-il, de même que tu as retiré ces naufragés des eaux de ce fleuve, sauve moi de l’abîme du culte de moi-même. » Et le noir de lui répondre : « Va, tu es sauvé. » Depuis lors il ne considérait plus personne comme moindre que lui ; il estimait que tous lui étaient supérieurs. Un jour voyant un chien, il dit : « Mon Dieu, pardonne moi en faveur de ce chien ; élève moi aussi haut que lui. — Quoi  donc, lui demanda quelqu’un, ô Hassan ! Est-ce toi le meilleur, ou le chien ? — Si je suis à l’abri de la colère du Seigneur très haut, répondit-il, c’est moi qui suis le meilleur, mais si je n’en suis pas délivré, ce chien vaut cent fois mieux que moi.»

Pour finir nous citerons cette parole de notre maître Sidi Hamza Ibn Al-Abbas :

« La vraie connaissance ne s’obtient qu’avec humilité. La démarche pour s’acheminer vers elle est semblable à celle d’une personne qui veut boire l’eau d’un ruisseau : elle devra se baisser pour boire. L’eau est toujours située dans le lieu le plus bas, il nous faut être comme l’eau. »

Allahumma salli wa sallim ‘ala sayyidina Muhammad wa ‘ala alihi wa sahbih.