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Basé sur le chapitre « Le contentement » du livre Haqâ-iq ‘ani attassawwuf du cheikh Abdelkader ‘Issa

Le contentement (arrida), est un état du cœur. Le croyant, qui atteint cette station, est capable d’affronter les aléas de la vie et les problèmes avec foi, sérénité et un cœur apaisé. Il pourrait même aller au-delà de cela en ressentant de la joie à la rencontre des choses prédestinées, grâce à la connaissance de Dieu et son amour sincère envers Lui.

 

Sidi Ahmad Ibn ‘ajîba nous définit succinctement « ArriDâ »:

 « Le contentement est d’accueillir les fatalités avec un visage souriant, ou une joie du cœur à l’arrivée du destin, ou de laisser le choix à Dieu dans ce qu’il entreprend et décide, ou une dilatation intérieur et la non objection de ce qui vient de la part de l’Unique tout Puissant ».

(Glossaire de la terminologie soufie du Shaykh Sidi Ahmad Ibn ‘Ajiba)

Le savant Albakrâwî raHimahu Allah disait aussi : 

 « Le contentement est le bien être intérieur, quelque soit ce qui l’atteint ou le dépasse, sans changement ».

Le contentement est plus noble que la patience, c’est en effet une paix spirituelle qui fait aimer au croyant tout ce qui plait à Dieu. Il voit même les épreuves de la vie comme étant un bien et une miséricorde.

 

Sayyiduna Bilal, alors qu’il vivait ses derniers instants, disait : « Ô Joie ! Demain je retrouve les plus chers, Muhammad et ses compagnons ».

Le Prophète Muhammad, Paix et salut d’Allah sur lui, expliquait que celui qui sait être content de ce qui lui est destiné par Dieu est le plus riche du monde, puisqu’il est le plus heureux de tous et le plus apaisé, et le plus éloigné de la tristesse. La richesse n’est en effet pas la quantité importante d’argent, mais une richesse du cœur par la foi et le contentement.

Il est de même rapporté d’après Anass ibn Mâlik, par Attirmîdî , que le Prophète, paix et salut d’Allah sur lui a dit :  « Celui qui dit, matin et soir, « nous acceptons Allah comme Seigneur, l’Islam comme religion et Muhammad paix et salut d’Allah sur lui comme Messager », Dieu se devra de le satisfaire ».

Précisions des idées concernant le contentement

Quelques précisions concernant le contentement sont nécessaires car certains contestent l’idée du contentement. L’Homme est en effet ennemi de ce qu’il ne connait pas.

I-               Certains refusent complètement le contentement justifiant qu’il n’est pas possible de se satisfaire de ce qui va à l’encontre de nos envies, seule la patience serait possible.

  1. a.La réponse est que le croyant pourrait ressentir les épreuves de par leur nature et/ou leur ampleur. Il en est cependant satisfait par sa raison et sa foi en la grande récompense en résultant et le fait que ces épreuves évitent d’autres choses plus graves. Ce comportement est le même pour un malade qui prend des médicaments, qui auraient un mauvais goût ou qui lui font sentir des douleurs ponctuelles, il sait cependant que c’est une condition sine qua none à sa guérison.
  2. b.Par ailleurs le croyant qui aurait un grand amour de Dieu en son cœur pourrait même ne plus sentir l’ampleur des épreuves. Un des compagnons par exemple devait se faire amputer la jambe (connaissant les moyens artisanaux de l’époque...), il avait demandé à ce qu’on le fasse pendant sa prosternation. Il n’avait ainsi pas ressenti, physiquement, cette!

II-              Le contentement amènerait le croyant à une acceptation des actions des mécréants et une satisfaction des choses qui iraient contre l’Islam.

  1. a.La réponse à cela est que le contentement est un contentement de ce qui émane de Dieu. Ce qui n’empêche pas de respecter la chari’a et de ne pas accepter ce qui va à son encontre.

III-            Le contentement ferait selon certains, oublier les dou’a et le service de Dieu, ainsi que l’action (daf’ bi l-asbâb) pour atteindre le bien.

  1. a.La réponse est que le croyant, bien au contraire, cherche à avoir la satisfaction de Dieu. Il fait donc ce qui satisfait Dieu. Dans surate Ghâfir – verset 105 « wa quli ‘malû fa sa yarâ Allahu ‘amalakum wa lmu-minû», i.e. : « et dis : travaillez, Dieu verra votre travail, ainsi que les croyants ».

Nous conclurons en rapportant l’exemple du meilleur des créatures et l’imam de tous les prophètes, sayyidunâ Muhammad , paix et salut d’Allah sur lui, qui le jour de Tâ-if, alors qu’il avait été blessé par les pierres des mécréants, son seul dou’a à Dieu était : « -In lam takun sâkhiTan ‘alayya fa lâ –ubâlî », i.e. « si Tu ne m’en veux pas, cela ne me fait rien ».

Dieu n’est d’ailleurs content de son serviteur que lorsque son serviteur est content de Lui, comme indiqué dans surate Al bayyina, v.8 «  raDiya Allahu ‘anhum wa raDû ‘anh », « Dieu est satisfait d’eux, et ils sont satisfaits de Lui ».

ArriDâ est par ailleurs très proche du tawakkul, il en est une condition nécessaire et le complète.