On voit souvent des frères et sœurs condamnés de façon ferme la danse (des soufis) (Hadra, Wajd,Raqs) en disant que celle-ci est   haram.
    Avec cette fatwa du cheikh Ibn 'Ajiba nous remarquons, avec hadiths et paroles de grands savants à l'appui, qu'il faut différencier différents types de danses et que toutes danses ne sont pas forcément haram, et comme chaque acte il existe une classification.

  Fatwa au sujet de la « Danse » des Soufis
  Par Shaykh Ahmad ibn Muhammad ibn Ajibah al-Hasani [1]

Le mouvement qui peut accompagner le Dhikr est apprécié, parce qu’il stimule le corps dans l’accomplissement du rituel de l’invocation. Il est légalement permis ; la preuve en a été donnée par l’Imam Ahmad dans son Musnid et al-Hâfiz al-Muqaddasî d’après ce témoignage de Anas:


« Les abyssins dansaient devant l’Envoyé de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) en disant dans leur langue:

- Mohammed est un serviteur (de Dieu) vertueux.

- Que disent-ils ? demanda le Prophète.

Série :

Réfutation des préjugées

sur le soufisme authentique

 

La compagnie spirituelle (As-suhba)

 

 

Le modèle vivant[1]

Dieu dit dans le Coran: « Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques »[2]. Et Il dit : « Le Miséricordieux, interroge donc quelqu'un de bien informé sur Lui (expert) »[3]. Et dans un autre verset, Dieu (exalté soit-Il) dit: « Les amis les plus intimes sont ce jour-là ennemis les uns des autres sauf les gens pieux »[4].

Abû Hurayra, qu'Allah l'agrée, rapporte: le prophète que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui a dit: « l'homme suit la religion de son compagnon intime, que chacun de vous fasse attention à celui qu'il prend pour ami »[5].

Abû Mûsâ (que Dieu l’agrée) a rapporté que le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Le compagnon vertueux et le compagnon malfaisant sont respectivement comparables au vendeur du musc et au forgeron. Le vendeur du musc t’en donne ou t’en vend ou encore il émane de sa personne une odeur agréable, tandis que le forgeron risque de brûler tes habits ou il répand une odeur nauséabonde »[6].

Ibn ‘Abbâs, que Dieu les agrée tous les deux (Ibn ‘Abbâs et son père), rapporte : « Quelqu’un demanda : « Ô Prophète, quelle est la meilleure personne auprès de laquelle on s’assoit ? » Il dit : « Celui dont la vue vous rappelle Dieu, dont les paroles ajoutent à votre science et dont les actes vous rappellent l’au-delà. » »

Abû Sa‘îd rapporte que le prophète (paix et salut sur lui) dit : « Il y a parmi ma communauté ceux qui intercèdent en faveur de troupes de gens (Al-fiâm), ceux qui intercèdent en faveur d’une tribu, ceux qui intercèdent en faveur d’un groupe et ceux qui intercèdent en faveur d’une personne, jusqu’à ce qu’ils rentrent au Paradis »[7]

L’invocation de Dieu (Dhikr), l’une des piliers de l’éducation soufie


Le Dhikr a été cité quatre vingt trois fois dans le Coran : il comprend la lecture régulière du Coran, la prière sur le Prophète[1] (paix et salut sur lui) et le tasbîh(l’invocation par les différentes formules)[2].

En ce qui concerne l’invocation par les différentes formules dont la plus importante est « Lâ Ilâha illa Allah » on peut citer les versets suivants qui incitent le croyant à invoquer Dieu abondamment :

« Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent (s’apaisent) à l’invocation d’Allah, n’est-ce point par l’invocation d’Allah que se tranquillisent (s’apaisent) les cœurs »[3].

«O, vous qui croyez ! Invoquez Allah d’une façon abondante »[4].

« La prière éloigne l’homme de la turpitude et des actions blâmables, mais l’invocation du nom de Dieu est ce qu’il y a de plus grand »[5].


L’invocation de Dieu (Lâ Ilâha illa Allah) a une importance capitale pour l'aspirant vers Dieu qui souhaite purifier son cœur et atteindre par là le degré d'excellence (Ihsân) : l’invocation aide le croyant à mieux accomplir les actes d’obligation comme la prière rituelle ou le jeûne car il permet d’acquérir une présence avec Dieu et d’atteindre un éveil de la conscience qui éloigne des péchés et des mauvaises pensées : le Dhikr agit en effet sur le cœur en le polissant et en le purifiant.


Le prophète (paix et salut sur lui) dit : « Les cœurs se rouillent comme se rouille le fer ». Un compagnon dit alors : « comment les polir ? », et le prophète (paix et salut sur lui) répondit : « par l’invocation avec la formule « Lâ Ilâha ila Allah » et le rappel de la mort ».

Plusieurs événements de la vie du Prophète et des compagnons témoignent du caractère spécial de la personne du Prophète et de tout ce qui s’y rattache ainsi que des hommes de Dieu, héritiers du secret Mohammadien. La  bénédiction (Baraka) est ainsi liée à ces gens du fait des faveurs qu’ils ont reçues et de leur rang spirituel élevé.

Malik Ibn Sinane (Abou Said Alkhodri) le jour de la bataille de Uhud a bu le sang du Prophète (sur lui la paix) qui lui a dit : «  le feu ne te toucheras pas ».

Abdellah Ibn Azubeiyr a fait de même, le Prophète (sur lui la paix et le salut)  lui dit alors : « gare à toi des gens et gare aux gens de toi ». Il ne l’a pas réprimandé pour ce qu’il a fait et n’a demandé à personne de se laver la bouche ni interdit à personne de le faire.

Le Prophète (sur lui la paix) avait un récipient dans lequel il se délaissait de son urine quand il se levait de nuit. Une nuit, il oublia de le remettre à sa place et quand il revint le chercher , il n’y trouva rien. Il demanda alors à sa servante qui lui répondit : « je me suis levée, j’avais soif, et je l’ai bu sans savoir (en croyant que c’était de l’eau) » . Le Prophète lui dit alors : « Tu ne te plaindras plus jamais de douleurs de ventre »

Les Quraychites s’étonnaient de l’attitude des compagnons vis à vis du Prophète et de la grande vénération dont il était l’objet. Ils disaient : « même un roi dans son royaume n’est pas aussi aimé et vénéré. Il suffisait que le Prophète crache pour que ses compagnons se disputent ses crachats et en enduisent tous leurs corps, et quand il se coupait les cheveux les tribus venaient prendre de ses cheveux… »

Le grand compagnon Khalid ibnou l-Walid, "l'épée brandie d’Allah", avait mis des cheveux du Prophète dans sa qalansouwah (chachiyah) pour rechercher les bénédictions par le Messager et il disait : "j'ai mis dans ce couvre-chef des cheveux de la frange du Prophète et je n'ai jamais fait de bataille alors qu'il est avec moi sans avoir la victoire."