L'intelligence est une lumière par laquelle on discerne l'utile du nuisible. Elle empêche celui qui en est doué de commettre des transgressions (awzâr). Ou encore, c'est une lumière spirituelle (rûhânî) par laquelle l'âme saisit (tudrik) les connaissances nécessaires et théoriques (al 'ulûm al darûriyya wa l-nazariyya), ou encore une force qui met l'homme en état de réceptivité vis-à-vis de la connaissance. On l'appelle ainsi parce qu'elle retient (ya'qil) celui qui la possède de faire ce qui ne convient pas.

Elle se subdivise en deux catégories: Grande et Petite.

• La "grande intelligence" est la première lumière que Dieu exalté soit-Il ait manifestée dans l'existence. On dit qu'elle est l'Esprit suprême (al rûh al a'dham) et on la nomme aussi "la Plénitude mohammédienne" (al-qabda al muhammadiyya). De Sa lumière découle (yamtaddu) la "petite intelligence" comme la lumière lunaire découle de la lumière solaire.

• La lumière de la "petite intelligence" ne cesse de croître, grâce à l'obéissance [à la Lou révélée], aux exercices spirituels et à la purification des passions, jusqu'à ce que le serviteur pénètre dans la station de la vertu parfaite (al-ihsân) et que se lève en lui le soleil de la gnose ('irfan); sa lumière se résorbe alors dans la lumière de la "grande intelligence", comme la lumière de la lune disparaît au lever du soleil. L'homme voit alors des secrets et des mystères qu'il n'avait jamais vu auparavant, car la lumière de la petite intelligence est faible: elle ne saisit que la dépendance (iftiqâr) de l'œuvre (san'a) par rapport à l'artisan (al-sâni') et ne pénètre pas ce qui se trouve au-delà; tandis que la grande intelligence connaît l'Artisan éternel, avant et après l'irradiation théophanique (tajallî), grâce à la pureté de sa lumière et à la pénétrance de ses rayons.

On rapporte cette communication (khabar) du Prophète (PSL):
"La première chose que Dieu créa fut le 'aql. Dieu lui dit: "Approche", et il s'approcha; puis Il lui dit: "Eloigne-toi", et il s'éloigna; puis Il lui dit "Assied-toi", et il s'assit; puis Il lui dit: "Lève-toi", et il se leva. Dieu dit alors: "Par ma Puissance et ma Grandeur, Je n'ai rien créé qui me soit plus cher que toi; par toi Je prends, et par toi Je donne !". Selon une autre version: "Par toi Je suis adoré et par toit Je suis désobéi."

La grande intelligence n'est atteinte que des aimés, ceux que Dieu a choisi pour leur communiquer la gnose (al ma'rifa al khâssa), tandis que la petite intelligence est donnée à l'élite comme au vulgaire. Cette dernière admet deux catégories: l'intelligence innée et l'intelligence acquise. De la première, Dieu a fait un instinct (gharîza); quant à la seconde, elle s'acquiert par les expériences, les exercices, les épreuves. On a dit: "L'intelligence se reconnaît à trois signes: la crainte révérencielle (taqwâ) vis-à-vis du Très-Haut, la véracité des paroles et l'abandon de ce qui ne nous concerne pas (mâ lâ ya'nî).

Enfin, le serviteur peut s'attacher au médecin et celui-ci le traitera jusqu'à la faire parvenir à l'Intelligence Suprême. Alors il comptera parmi les grands Saints, mais c'est de Dieu que vient toute grâce !

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Étymologiquement le mot Islam veut dire soumission total à Allah et désigne aussi, l'engagement du croyant à observer les enseignement coranique et prophétique. La foi c'est croire en Dieu exalté soit-Il, en ses anges, ses envoyés, ses Livres et accepter les décrets divins dans le bien comme dans le mal. Dieu exalté soit Il dit dans le Coran ( S72,V14 ) : « Ceux qui se sont soumis ont choisie la voie la plus droite »

A ce sujet Ibn Massoud raconte (RA): « C'est comme si je regardais encore le messager de Dieu (PSL), racontant ce qui était arrivé à l’un des prophètes (PSL) lorsque son peuple le frappa, jusqu'à que le sang coula, il essuya son visage et dit : « Ô Allah, pardonne à mon peuple car il ne savent pas »


Le terme « soufisme », Tasawwuf en arabe, est défini comme un enseignement initiatique, une progression spirituelle qui comporte différentes étapes de purification de l’âme. Le soufisme a été transmis dès les premiers siècles de l’Islam par de petits groupes de maîtres. C’est aux alentours du 12ème siècle que celui-ci prend une nouvelle forme en s’organisant en confréries, appelées « turuq » en arabe. La voie ou tarîqa est un ensemble de personnes qui accompagnent un maître spirituel réalisé : le Cheikh ou l’héritier mohammadien. Les turuq appliquent l’enseignement de la tradition mystique héritée du prophète (PSL) . Cet enseignement porte moins sur la doctrine juridique que sur les principes de la voie et les règles concernant les pratiques initiatiques.

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As Salamu ‘Aleykoum.

Mon premier contact avec la Voie Soufie, c’est la description des cercles de dhikr. Je n’étais alors pas musulman, mais ils m’ont été décrits ainsi par un ami d'alors devenu un frère aujourdhui: « Pendant que toi tu vas en soirée le samedi soir, il y’a des musulmans qui s’assoient par terre, ingénieurs comme ouvriers, côte à côte, et qui invoquent le Nom d’Allah toute la nuit à tel point qu’au matin ils sentent la présence d’Allah si fort qu’ils Le prient comme si ils Le voyaient, et qu’Il agrée leurs prières inshallah. » Malgré mon quasi-athéisme, je fus touché par la ferveur de ces réunions d’un autre monde.

En effet, il est dit dans les « sagesses célestes » du cheikh al 'alawi « Ta nature intérieure devient la même que celle de ton compagnon. Fréquenter quelqu'un, c'est devenir comme lui ».

Abou Madyan al ghawth nous indique quant à lui « Les gens ne se sentent bien qu'en compagnie de ceux qui leur ressemblent, et on prend ses amis pour modèles ».

La fréquentation se traduit forcément par une affinité, au moins d'une certaine façon. Quelqu'un dit un jour à un connaissant: « les gens du commun disent beaucoup de bien de toi ». Ce dernier pleura et répondit: « Alors c'est qu'ils ont trouvé en moi quelque chose d'eux mêmes ! ».