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Pour les soufis, le cheminement spirituel ne peut être l’œuvre d’un homme isolé voué à lui-même, car il s’expose à des dangers de toutes sortes dont il n’a ni connaissance ni même conscience. Le maître spirituel devient alors une condition nécessaire pour cheminer.

Dieu nous enseigne : « Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu et cherchez un moyen d’accès vers Lui ; et luttez sur Sa Voie, peut-être parviendrez-vous au succès ! » (s.5, v.35)
Ce verset nous parle du cheminement spirituel. Tout d’abord la parole « Craignez Dieu » pour signifier qu’au début du cheminement, l’aspirant doit effectuer un retour sur lui-même et constater les défauts qui sont en lui pour se repentir.

Lorsqu’on s’acquitte de quelques devoirs prescrits par l’islam et qu’on s’écarte au mieux de certaines de ses proscriptions, un sentiment du devoir accompli puis d’autosatisfaction risque de surgir depuis les profondeurs de l’ego. Un tel sentiment prend des dimensions particulièrement dangereuses lorsqu’il est soutenu par la possession de connaissances religieuses rudimentaires, mais, surestimées par leurs détenteurs ou par ceux, d’entre les croyants naïfs, qui les écoutent et ne cessent de rehausser leur notoriété à des niveaux qu’ils ne méritent guère.


La pratique de l’islam ne se limite pas à la connaissance du licite et de l’illicite et au respect du cadre qu’ils tracent. L’islam est également une pratique spirituelle qui alimente l’âme pour lui apporter les éléments nécessaires à la construction d’une éthique exemplaire.


A travers les enseignements qu’ils dispensaient, nos érudits savants établissaient un équilibre entre les domaines exotériques et ésotériques de l’Islam. Ils procuraient ainsi au commun des musulmans une spiritualité forte, encadrée par les connaissances jurisprudentielles nécessaires au devoir de cheminement vers Allah .


L’abandon de cet équilibre engendre l’apparition d’individus auxquels manquent les règles basiques inhérentes au comportement islamique, ceci malgré leur respect minutieux de la jurisprudence. Pourtant, le prophète Mohamed a clairement rappelé que l’objectif principal de sa mission était de promouvoir un comportement exemplaire : « je n’ai été envoyé que pour parachever la bonne éthique ».


Les exactions commises autrefois par les dissidents - Al khawârij - ou aujourd’hui par leurs héritiers, restent le meilleur exemple pour comprendre les effets d’une démarche idéologique boiteuse qui n’a pas su donner au spirituel la place qu’il mérite dans l’éducation islamique.


Pendant la révélation, le Coran ne manquait pas de blâmer les compagnons du Prophète à chaque fois que la dimension temporelle l’emportait sur le spirituel. Ce fut le cas lors du triomphe de Badr, quand les préoccupations se sont tournées essentiellement vers la répartition du butin jusqu’à ce qu’éclate une polémique. Mieux aurait fallu qu’ils tournent leurs visages vers Allah afin de Lui témoigner leur reconnaissance et leur gratitude pour le soutien qu’Il leur a accordé avant et pendant la bataille.


Ainsi la révélation est venue leur rappeler la définition d’un croyant tel qu’il doit être : « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le Nom de Dieu est évoqué ; ceux dont la foi augmente quand ses versets leur sont récités et qui, en tout, s’en remettent à Lui ; ceux qui sont assidus à la salat et qui donnent en aumône une partie des biens que Nous leur avons accordés. Les voilà, les véritables croyants auxquels une place de choix auprès de leur Seigneur sera réservée, ainsi qu’une rémission et une généreuse récompense » (Sourate 8 : Al Anfâl ; V2-4).


Le premier critère mentionné dans cette définition est celui du frémissement du cœur à l’évocation d’Allah.

On retrouve le même critère lorsque, dix ans après le début de la révélation, Allah réprimanda les croyants en leur disant : « Le moment n'est-il pas venu pour ceux qui ont cru de remplir leurs cœurs d’humilité devant l’évocation de Dieu et ce qui a été descendu comme vérité. Ne doivent-ils pas éviter de suivre l’exemple de ceux qui avaient reçu le Livre avant eux et dont les cœurs se sont desséchés avec le temps, au point que beaucoup d’entre eux devinrent pervers » (Sourate 57 : Al Hadîd ; V16).


Le compagnon du prophète, Ibn Abbas, commentait ce verset en disant : « Dieu a trouvé une lenteur dans le cheminement des cœurs des compagnons dix ans après le début de la révélation ».
Le grand successeur Al Hassan Albasri commentait à son tour ce verset en disant : « Dieu a trouvé une lenteur dans le cheminement des cœurs des compagnons alors qu’ils font partie des humains les plus aimés par Lui ».


Si ce message coranique s’adressait à des croyants dont la foi, la piété et l’éthique n’ont pas d’égales, comment ne nous sentirions nous pas, aujourd’hui, concernés par cette réprimande ?


Nous sommes à une époque où l’évocation d’Allah, la lecture du Coran, les adorations rituelles et les exhortations spirituelles n’ont que peu d’effet sur nos cœurs. Ceux-ci sont devenus des réceptacles défaillants et desséchés par notre avidité dans la quête des moyens de jouissance éphémères. Ainsi, nos cœurs se trouvent souvent entachés par les péchés et l’inconscience au point de ne plus bénéficier des bienfaits de l’évocation d’Allah .


Lorsque Allah parle dans le Coran des négateurs du jour de la rétribution, Il nous dévoile la raison de leur égarement, celle-là même, qui risque de nous toucher un jour : l’endurcissement du coeur. Ainsi, Dieu dit : « [...] Pas du tout, mais leurs cœurs se sont couverts par ce qu’ils perpétraient. Qu'ils prennent garde ! En vérité ce jour-là - jour de la rétribution - un voile les empêchera de voir leur Seigneur » (Sourate 83 : Al Moutaffifin ; V 14-15).


Lorsque le Coran parle du cœur, il ne fait pas référence à cet organe de la circulation sanguine, mais il mentionne le siège des sentiments, des passions, de l’amour, du courage, de la générosité, des pensées intimes, …etc.


Lorsque le musulman ne prend pas soin de son coeur, lorsqu’il ne l’alimente pas continuellement avec des denrées spirituelles telles que la lecture du Coran, le rappel - addhikr - de Dieu, la méditation - attafakkour - sur la création …, la mort spirituelle devient imminente, le coeur devient cadenassé et la lumière de la foi s’éteint progressivement laissant le gouvernail à la passion qui ne peut mener qu’à la perte.

Une prise de conscience, à l’égard de ce danger, représente le premier pas dans une démarche constructive qui engage le croyant, corps et âme, dans une voie éducative spirituelle équilibrée. Telle est la seule entreprise capable de former un musulman dont le cœur est attendri et apte à réceptionner les gratifications divines.



Source : http://www.habous.gov.ma

 

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Dans son livre « al-miftâh al-falâ», Ibn ‘Ata Allah écrit que le dhikr consiste à se libérer de la négligence et de l’oubli au moyen de la présence permanente du cœur avec le Vrai (al-Haqq).
Shaykh Abdel-Kader Aîssa, dans son « Fad’il ad-dhikr », écrit : "La pratique du dhikr est à l’origine de toutes les stations depuis celle de l’éveil jusqu’à celle de la réalisation de l’Unicité de Dieu. Et c’est par les fruits du Dhikr que les novices obtiennent leurs connaissances et leurs états. (…) Le dhikr est le fondement de chaque station."
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 A l’heure actuelle, peu de notions en islam ont été la cause de polémique autant que le concept de bida’, i-e innovation blâmable : rajouter à la religion des éléments qui n’existaient pas du temps du Prophète (S).

 Une parole prophétique très célèbre dit : « Faites attention aux choses nouvelles, car toute nouveauté est une innovation, et toute innovation est un égarement, et tout égarement mène à l’Enfer » (Abou Daoud)

Les savants ont dit que cette parole ne fait pas référence à l’ensemble des choses nouvelles sans restriction, mais seulement à celles dont la licéité, la validité, la permission n’est pas attestée par les textes sacrés (le Coran et la Sunna du Prophète (S)). L’expression « toute innovation » n’est pas à prendre dans un sens absolue.

 

En parlant du Prophète (S), Allah dit le Coran :


«Nous ne t'avons envoyé que par miséricorde pour les univers.» (Les Prophètes s.21, v.107).


D’autre part, dans la Sourate Younus, il est écrit :


«De la grâce d’Allah et de Sa miséricorde qu'ils se réjouissent donc !» (Younus s.10, v.58).


Il incombe donc à tous les musulmans et au-delà à toutes les créatures de se réjouir de la Naissance du Prophète (S). Un verset du Coran dit :


«Allah et Ses anges bénissent le Prophète. O vous, les croyants ! Priez pour lui et appelez sur lui le salut. » (Al-Ahzab s.33, v.56).


Allah nous recommande de prier sur le Prophète (S), et ce verset mentionne le pluriel, en assemblée. L’emploi du terme « O les croyants » sous-entend que celui qui ne prie pas sur le Prophète (S) n’est complètement croyant.


Les livres de Sira, notamment celui de Ibn Ishaq et dans celui d’Ibn Kathir, font référence à de nombreux événements extraordinaires qui se sont produits le jour de la Naissance de l’Envoyé de Dieu (S) : Le feu sacré détenu par les Zoroastriens qui n’avait pas cessé de brûler depuis des siècles, s’est subitement éteint - Un tremblement de terre s’est produit dans l’Empire de Chosrès - Une lumière entourant la mère du Prophète (S), Amina, a été aperçue par de nombreux témoins.


De nombreux hadiths marquent la prééminence du jour de la naissance du Prophète (S) sur les autres jours :


-Dans le sahih de Mouslim, il est rapporté qu’un Compagnon avait interrogé l’Envoyé de Dieu sur le jeûne du lundi et celui-ci avait répondu : «C'est en ce jour que je suis né et c'est en ce jour que j'ai reçu la prophétie.»


-Parlant de la grandeur du Vendredi, le Messager d’Allah a dit : «En ce jour, Allah créa Adam.» Ce jour est jugé comme spécial par la parfait que Sayyiduna Adam est né ce jour-là. Qu’en est-il alors du jour de la Naissance du dernier Prophète (S) ?


-L’Envoyé de Dieu a dit: «En vérité, Allah me fit le sceau des Prophètes pendant qu'Adam était entre eau et argile.». De la même manière, le jeûne surérogatoire du jour de Achoura fût institué en mémoire de Sayyiduna Mussa, puisque les juifs jeûnaient ce jour-là en commémoration du miracle qui sauva Sayyiduna Mussa et noya ses ennemis.


La célébration du Mawlid est une manière d’accroître notre amour pour le Prophète (S). Un verset du Coran ordonne au Prophète de proclamer son importance :


«Dis-leur: Si vous aimez Allah, suivez-moi et Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés. » (s.3, v.31).


La commémoration du Mawlid est aussi une occasion de se rappeler les vertus du Prophète (S) et d’essayer de les mettre en pratique de manière accrue. Allah affirme «En vérité tu es (O Mouhammad) d'un caractère sublime. » (s. 68, v. 4).


Un hadith rapporté dans le Sahih de Boukhari rapporte que le Prophète (S) a dit : « Aucun de vous n’est croyant jusqu’à ce qu’il m’aime plus que sa propre personne. »


Montrer de la joie pour la naissance du Prophète (S) est bénéfique, même pour les non-croyants. Ainsi il est rapporté dans le Sahih Boukhari : «Chaque Lundi Abou Lahab est libéré de son châtiment, dans sa tombe, parce que de son vivant il libéra sa servante Thouwayba lorsqu'elle lui rapporta la nouvelle de la naissance du Prophète (s) son neveu.».


Les biographes du Prophète (S) rapportent que de son vivant l’Envoyé de Dieu (S) appréciait les poètes qui faisaient son éloge. La plupart de ses panégyristes ont écrit des poèmes sur la naissance du Prophète (S). Par exemple : Ali, Fatima, Abou Bakr, al-Abbas etc…Ce dernier a laissé un poème où il écrit :


Lorsque tu es né, la terre brillait et le firmament contenait à peine ta lumière ! Grâce à cette splendeur, et à cette lumière, et à cette voie bien guidée, nous pouvons espérer traverser le chemin.


 


De nombreux savants ont donné leur avis concernant les bienfaits du Mawlid : Dans une fatwa restée célèbre, l’imam Suyuti écrit :


« Célébrer l’anniversaire de la Naissance du Prophète pour se réunir, réciter des passages du Coran, raconter les histoires concernant la naissance du Prophète et les signes qui l’ont accompagné, servir de la nourriture, est une bonne innovation ; et celui qui y participe recevra une récompense parce que cela implique de vénérer le degré du Prophète et d’exprimer de la joie pour son honorable naissance. »


Pour sa part, Ibn Taymiyya considère que “même s’il n’y avait aucune raison pour célébrer le Mawlid, il n’y aurait aucun raison contre.”


L’imam Subki a dit :


« Quand nous célébrons l’anniversaire de la Naissance du Prophète (S), une grande proximité envahie notre cœur et nous ressentons quelque chose de spécial. »


Le Cheikh Abu Shama, qui était le maître de Nawawi, a dit que le Mawlid était la meilleure des innovations (Bid‘a Hassaniyya). De grands savants comme Ibn Hajar, Ibn Jawzi, Nawawi et d’autres encore, ont approuvé et même rédigé de petits traités sur les bienfaits du Mawlid.




Equipe Saveurs Soufies