Il s’agit de Abou ISHAK IBRAHIM Ibnou ADHAM AL BALKHI, né à la Mecque , et mort en 161 de l’hégire. Après sa naissance, sa mère a fait le tour de la ville pour demander aux gens de prier pour lui, afin qu’il devienne un homme vertueux et Dieu l’a exaucé.

Il était prince. Un jour, sortit pour la chasse et en pleine poursuite d’un renard, il a entendu une voix de la direction de sa selle, lui disant « tu n’as pas été créé pour ça, ni ordonné à faire ça ». Immédiatement, il est descendu de sa monture, puis il a rencontré un berger, il a pris ses vêtements qui étaient en laine et il lui a donné les siens ainsi que son cheval. Il s’est dirigé vers la Mecque où il a accompagné Soufiane Thaouri et Fodail Bnou Iyad.


Ibrahim Bnou Bachar, racontait «j’étais en sa compagnie un soir, on n'avait pas de quoi manger et on n'avait pas de solution. Il a vu la peine sur mon visage et il m’a dit, Oh ibn Bachar tu sais les bienfaits que Dieu a réservés à ses pauvres serviteurs ? le jour du jugement dernier, il ne va les juger ni pour pèlerinage ni pour aumône ni pour visite ni pour consolation. Mais seront jugés ces pauvres riches dans ce bas monde et pauvres dans l’au-delà. Honorés dans ce bas monde, humiliés dans l’au-delà. Ne sois pas triste, ce que Dieu t'a destiné t'est garanti et te parviendra. Ce sont nous les rois et les riches. On ne se soucie pas de notre état si Dieu est satisfait de nous. Puis, peu de temps après, un homme est venu, ils nous a donné huit pains et beaucoup de dattes et il a dit : mangez, que Dieu vous englobe dans sa miséricorde. Ibnou Adham s’est retourné vers moi et a dit : vas y, mange pauvre serviteur! ».

Chakik disait : « on était chez lui (Bnou Adham) une fois, alors un homme passa, Ibrahim Bnou Adham a dit : ne serait il pas un tel ? on a répondu « oui ». Alors il a demandé à quelqu’un d’entre nous de le rejoindre et de lui demander pourquoi il ne nous avait pas salué. Alors l’homme a dit : aujourd’hui ma femme a accouché et je n’ai rien pour la nourrir, alors je suis sorti comme un fou. Ecoutant cela, Ibnou Adham a emprunté deux dinars et a demandé à quelqu’un d’acheter ce qui était necessaire pour l’occasion, pour un dinar et donner l’autre dinar à l’homme. Ramenant cela à la maison, la femme a dit : Oh Allah, n’oubliez jamais ce jour à Ibrahim. Quand Ibrahim Bnou Adham entendit ce qu’avait dit la femme, il sentit une joie
l'envahir telle qu'il n'en avait jamais ressentie »

Il a demandé à Chakik un jour: «  sur quoi vous
vous basez dans votre cheminement à dieu » ? Chakik lui répondit : « si on reçoit notre subsistance on est reconnaissant, et si on en est privés, on est patient ».
Bnou Adham lui répondit : «
les chiens aussi ont ce comportement ! Si on leur donne de quoi manger, ils mangent et si on les prive, ils sont patients ! Au contraire, si on a notre subsistance, on est altruiste et si on en est privé, on est reconnaissant ». Chakik s’est assis alors devant lui et a dit : « vous êtes notre maître ».

Un jour il a pris la mer, il a enveloppé sa tête dans son manteau et il s’est endormi. On lui a dit (ils étaient sous la tempête) : « ne vois tu pas la détresse dans laquelle nous sommes ? ». Il a répondu : « cela n’est pas de la détresse ! la détresse, c’est d'avoir besoin des gens ». Puis il a dit : « Oh Allah, Tu nous as montré Ta puissance, alors montre nous Ton pardon » et tout de suite après, la mer s’est calmée et devenue telle un récipient plein d’huile.

Parmi ses paroles :



« La remise confiante, c’est l’apaisement du cœur envers la destinée de Dieu »

« Celui qui s’est lamenté d’une épreuve auprès de quelqu’un d’autre que Dieu, ne trouvera pas la saveur de la soumission à Dieu dans son cœur »

« Si tu veux être apaisé, alors mange du fruit de ton travail, habille toi de ce que tu peux et sois satisfait du jugement divin envers toi »

« Ce que j’aime le plus, c’est le visiteur, sa nourriture et sa provision sont à la charge de Dieu, alors que la récompense m'en revient »

« Si tu veux connaître la valeur d’un homme, regarde son cœur, soit il a confiance à ce que Dieu lui a promis soit il a confiance à ce que les gens lui ont promis »

« On reconnaît la piété d’un homme par trois choses : sa réaction quand il prend, quand il est privé et par ses paroles »