Ne considérez pas l'appel du messager comme un appel que vous vous adresseriez les uns aux autres. (24,63)

Ibn' Abbas – qu’Allah soit satisfait de lui - a dit: «révérer le Prophète (tu' azziru), signifie l'honorer (tujillûh).» Pour sa part, al-Mubarrid – qu’Allah soit satisfait de lui - a dit: «Le révérer signifie l'exalter outre mesure (tubâlighufi ta 'dhîmihi)»
Al- Akhfash – qu’Allah soit satisfait de lui - a dit: «C'est lui prêter assistance. »
At- Tabarî – qu’Allah soit satisfait de lui - a dit: « C'est lui apporter de l'aide (tu'inuh). »
On rapporte que lorsque ce verset fut révélé, Abû Bakr – qu’Allah soit satisfait de lui - dit au Prophète – paix et bénédiction sur lui - : «Par Dieu! Ô Envoyé de Dieu, je ne te parlerai désormais qu'à voix basse.»
'Umar décida également de ne s'adresser au Prophète qu'en murmurant, au point que le Prophète faisait répéter à maintes reprises. Suite à quoi, Dieu fit descendre: «Ceux qui parlent à voix basse devant l'Envoyé de Dieu sont ceux dont le coeur a été éprouvé par Dieu en vue [d'y mettre] de la piété. Ils obtiendront le pardon [de leurs fautes] et une immense rétribution.» (Sourate Al Hujurate, 49 verset 4)

Tout acte qui conduit à la distraction est de même nature que celle-ci, car les excès de nourriture, de sommeil ou de paroles font partie des choses blâmables selon la Révélation, et particulièrement pour celui qui suit la voie spirituelle, dont les bases consistent justement à viser la modération en tout cela afin que l’intérieur s’illumine et s’orne des connaissances divines. En effet, si les caprices intérieurs se succèdent en permanence dans le cœur ou plus généralement tout ce qui le trouble, il s’endurcira inévitablement.

On entend beaucoup parler de liberté dans nos sociétés actuelles et particulièrement en occident. Qu'est-ce que vraiment la liberté et qui sont les vrais hommes libres?

En réalité, tout homme est l'esclave de son ego (nafs) sauf celui qui par le combat intérieur a su la dominer. Et comme l'a dit un maître de la voie :

« L'âme est une chose immense; elle est le cosmos entier, puisqu'elle en est sa copie. Tout ce qui est en lui se retrouve en elle, et tout ce qui est en elle, est également en lui. De ce fait, celui qui la domine, le domine certainement, de même que celui qui est dominé par elle, est certainement dominé par le cosmos entier.»

 

L'intelligence est une lumière par laquelle on discerne l'utile du nuisible. Elle empêche celui qui en est doué de commettre des transgressions (awzâr). Ou encore, c'est une lumière spirituelle (rûhânî) par laquelle l'âme saisit (tudrik) les connaissances nécessaires et théoriques (al 'ulûm al darûriyya wa l-nazariyya), ou encore une force qui met l'homme en état de réceptivité vis-à-vis de la connaissance. On l'appelle ainsi parce qu'elle retient (ya'qil) celui qui la possède de faire ce qui ne convient pas.

Elle se subdivise en deux catégories: Grande et Petite.

• La "grande intelligence" est la première lumière que Dieu exalté soit-Il ait manifestée dans l'existence. On dit qu'elle est l'Esprit suprême (al rûh al a'dham) et on la nomme aussi "la Plénitude mohammédienne" (al-qabda al muhammadiyya). De Sa lumière découle (yamtaddu) la "petite intelligence" comme la lumière lunaire découle de la lumière solaire.

• La lumière de la "petite intelligence" ne cesse de croître, grâce à l'obéissance [à la Lou révélée], aux exercices spirituels et à la purification des passions, jusqu'à ce que le serviteur pénètre dans la station de la vertu parfaite (al-ihsân) et que se lève en lui le soleil de la gnose ('irfan); sa lumière se résorbe alors dans la lumière de la "grande intelligence", comme la lumière de la lune disparaît au lever du soleil. L'homme voit alors des secrets et des mystères qu'il n'avait jamais vu auparavant, car la lumière de la petite intelligence est faible: elle ne saisit que la dépendance (iftiqâr) de l'œuvre (san'a) par rapport à l'artisan (al-sâni') et ne pénètre pas ce qui se trouve au-delà; tandis que la grande intelligence connaît l'Artisan éternel, avant et après l'irradiation théophanique (tajallî), grâce à la pureté de sa lumière et à la pénétrance de ses rayons.

On rapporte cette communication (khabar) du Prophète (PSL):
"La première chose que Dieu créa fut le 'aql. Dieu lui dit: "Approche", et il s'approcha; puis Il lui dit: "Eloigne-toi", et il s'éloigna; puis Il lui dit "Assied-toi", et il s'assit; puis Il lui dit: "Lève-toi", et il se leva. Dieu dit alors: "Par ma Puissance et ma Grandeur, Je n'ai rien créé qui me soit plus cher que toi; par toi Je prends, et par toi Je donne !". Selon une autre version: "Par toi Je suis adoré et par toit Je suis désobéi."

La grande intelligence n'est atteinte que des aimés, ceux que Dieu a choisi pour leur communiquer la gnose (al ma'rifa al khâssa), tandis que la petite intelligence est donnée à l'élite comme au vulgaire. Cette dernière admet deux catégories: l'intelligence innée et l'intelligence acquise. De la première, Dieu a fait un instinct (gharîza); quant à la seconde, elle s'acquiert par les expériences, les exercices, les épreuves. On a dit: "L'intelligence se reconnaît à trois signes: la crainte révérencielle (taqwâ) vis-à-vis du Très-Haut, la véracité des paroles et l'abandon de ce qui ne nous concerne pas (mâ lâ ya'nî).

Enfin, le serviteur peut s'attacher au médecin et celui-ci le traitera jusqu'à la faire parvenir à l'Intelligence Suprême. Alors il comptera parmi les grands Saints, mais c'est de Dieu que vient toute grâce !