« Le voyage […] dévoile le caractère des hommes » (Ibn ‘Arabî, De la connaissance des hommes).

 

« Tu es à jamais voyageur, de même que tu ne peux t’établir nulle part » (Ibn ‘Arabî, Illuminations de La Mecque).

 

Ibn ‘Arabî (né en 560/1165, mort en 838/1240), surnommé al-Shaykh al-Akbar, le plus grand des maîtres du soufisme et de la mystique islamique.

 

Dans ce traité, fondé pour l’essentiel sur l’interprétation du Coran, Ibn ‘Arabî se limite à mentionner les voyages accomplis par les prophètes, les voyages divins, les voyages des entités spirituelles. « Afin de montrer ce que l’on doit désirer comme voyage » (‘Arabî, 1994, p.11), il nous invite à suivre les voyages d’Enoch, de Noé, d’Abraham, de Loth, de Jacob et de Joseph, de Moïse et à bénéficier de leurs effets.

 

 

9782908606737

 

 

A?mad al-‘Alaw? : Lettre ouverte à ceux qui critiquent le soufisme (Éditions Entrelacs, Paris, 2011)

Titre original : Al-Qawl al-ma‘r?f fî al-radd ‘al? man ankara al-ta?awwuf

Traduction de l’arabe, notes et préface de M. Chabry ; introduction de J. Gonzalez 

      Nous profitons de la présente réédition pour faire le compte rendu de cet ouvrage du cheikh al-‘Alaw? qui n’a, depuis sa rédaction en 1920, rien perdu de son actualité ; les thèmes qui y sont exposés sont en effet de ceux qui reviennent de manière récurrente chez les adversaires du soufisme à toute les époques ; et le développement de plus en plus généralisé d’un intégrisme vidé de toute spiritualité, favorisé en cela par la dégénérescence des sociétés traditionnelles, fait de ce livre une œuvre plus que jamais porteuse d’un savoir utile.

 

La « science de la certitude » est ce qui résulte de la démonstration (burhan)

La « vision de la certitude » est ce qui résulte du dévoilement (kashf) et de l'évidence (bayan)

La « vérité de la certitude » est ce qui résulte de la vision contemplative et essentielle (shuhud wa iyan)

La science de la certitude est réservée aux intellectuels parmi les croyants ; la vision de la certitude appartient à ceux qui sont dotés d'intuitions mystiques parmi les aspirants à la vision directe ; et le vérité de la certitude appartient à ceux qui sont enracinés et fermement établis dans la station de l'excellence.

On peut illustrer cette gradation par une comparaison : l'homme qui aurait entendu parler de la Mecque sans l'avoir jamais vue sait, par la science de la certitude, que cette ville existe ; puis, lorsqu'il s'en approche et l'aperçoit, mais sans y pénétrer, il acquiert la vision de la certitude ; enfin lorsqu'il entre dans la ville, en découvre les rues et les sites, il possède la vérité de la certitude.

Ainsi en est-il pour la connaissance du Vrai – Exalté soit-il !: les gens du voile cherchent des indications qui les mènent à la science de la certitude ; les gens du voyage parmi ceux qui aspirent à l'extinction dans l'Essence obtiennent la vision de la certitude au moment où ils sont illuminés par les lumières du monde spirituel et où les ténèbres des formes sensibles se retirent d'eux ; ils demeurent néanmoins dans la stupéfaction de l'extinction, sans s'établir durablement dans la vue du Vrai.

Quand enfin cette vue les saisit à jamais et qu'ils s'enracinent solidement dans la connaissance, ils obtiennent la vérité de certitude : c'est alors le bienfait suprême et le comble de la béatitude.

Que Dieu nous accorde la grâce de compter parmi ces favorisés !

 

In "L'ascension du regard vers les réalités du soufisme" de Ibn Ajiba

 

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Sache – qu’Allah te secoure ! - que le jeûne, c’est l’abstinence et l’exaltation. On dit du jour qu’il «jeûne» (sâma) lorsqu’il culmine. Imru-l-Qays a dit: «Lorsque le jour s’éloigne et jeûne», c’est-à-dire lorsqu’il atteint son sommet. Le jeûne a été appelé ainsi parce qu’il s’élève en degré au-dessus de toutes les autres oeuvres d’adoration. Il l’a élevé -gloire à Sa transcendance - en niant toute ressemblance entre lui et ces oeuvres.» Nasâ’î rapporte cette parole d’Abû Umâma : «Je m’approchai de l’Envoyé d’Allâh (saw) et lui dis : «Donne-moi un ordre que je prendrai directement de toi !» Il répondit: «Adonne-toi au jeûne, car il n’a pas de semblable». Le Très-Haut a dit à Son propre sujet : «Rien ne Lui est semblable». Le jeûne n’est pas un acte mais l’abandon d’un acte. La négation de toute ressemblance est elle-même un attribut négatif, ce qui renforce l’analogie entre le jeûne et Allah.