9782908606737

 

 

A?mad al-‘Alaw? : Lettre ouverte à ceux qui critiquent le soufisme (Éditions Entrelacs, Paris, 2011)

Titre original : Al-Qawl al-ma‘r?f fî al-radd ‘al? man ankara al-ta?awwuf

Traduction de l’arabe, notes et préface de M. Chabry ; introduction de J. Gonzalez 

      Nous profitons de la présente réédition pour faire le compte rendu de cet ouvrage du cheikh al-‘Alaw? qui n’a, depuis sa rédaction en 1920, rien perdu de son actualité ; les thèmes qui y sont exposés sont en effet de ceux qui reviennent de manière récurrente chez les adversaires du soufisme à toute les époques ; et le développement de plus en plus généralisé d’un intégrisme vidé de toute spiritualité, favorisé en cela par la dégénérescence des sociétés traditionnelles, fait de ce livre une œuvre plus que jamais porteuse d’un savoir utile.

 

La « science de la certitude » est ce qui résulte de la démonstration (burhan)

La « vision de la certitude » est ce qui résulte du dévoilement (kashf) et de l'évidence (bayan)

La « vérité de la certitude » est ce qui résulte de la vision contemplative et essentielle (shuhud wa iyan)

La science de la certitude est réservée aux intellectuels parmi les croyants ; la vision de la certitude appartient à ceux qui sont dotés d'intuitions mystiques parmi les aspirants à la vision directe ; et le vérité de la certitude appartient à ceux qui sont enracinés et fermement établis dans la station de l'excellence.

On peut illustrer cette gradation par une comparaison : l'homme qui aurait entendu parler de la Mecque sans l'avoir jamais vue sait, par la science de la certitude, que cette ville existe ; puis, lorsqu'il s'en approche et l'aperçoit, mais sans y pénétrer, il acquiert la vision de la certitude ; enfin lorsqu'il entre dans la ville, en découvre les rues et les sites, il possède la vérité de la certitude.

Ainsi en est-il pour la connaissance du Vrai – Exalté soit-il !: les gens du voile cherchent des indications qui les mènent à la science de la certitude ; les gens du voyage parmi ceux qui aspirent à l'extinction dans l'Essence obtiennent la vision de la certitude au moment où ils sont illuminés par les lumières du monde spirituel et où les ténèbres des formes sensibles se retirent d'eux ; ils demeurent néanmoins dans la stupéfaction de l'extinction, sans s'établir durablement dans la vue du Vrai.

Quand enfin cette vue les saisit à jamais et qu'ils s'enracinent solidement dans la connaissance, ils obtiennent la vérité de certitude : c'est alors le bienfait suprême et le comble de la béatitude.

Que Dieu nous accorde la grâce de compter parmi ces favorisés !

 

In "L'ascension du regard vers les réalités du soufisme" de Ibn Ajiba

 

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Sache – qu’Allah te secoure ! - que le jeûne, c’est l’abstinence et l’exaltation. On dit du jour qu’il «jeûne» (sâma) lorsqu’il culmine. Imru-l-Qays a dit: «Lorsque le jour s’éloigne et jeûne», c’est-à-dire lorsqu’il atteint son sommet. Le jeûne a été appelé ainsi parce qu’il s’élève en degré au-dessus de toutes les autres oeuvres d’adoration. Il l’a élevé -gloire à Sa transcendance - en niant toute ressemblance entre lui et ces oeuvres.» Nasâ’î rapporte cette parole d’Abû Umâma : «Je m’approchai de l’Envoyé d’Allâh (saw) et lui dis : «Donne-moi un ordre que je prendrai directement de toi !» Il répondit: «Adonne-toi au jeûne, car il n’a pas de semblable». Le Très-Haut a dit à Son propre sujet : «Rien ne Lui est semblable». Le jeûne n’est pas un acte mais l’abandon d’un acte. La négation de toute ressemblance est elle-même un attribut négatif, ce qui renforce l’analogie entre le jeûne et Allah.

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'A'isha al-Marwuziyya (Xème siècle)

Elle vint trouver Abu 'Uthman [al-Hiri], qui l'accueillit chez lui quelque temps.

J'ai entendu 'A'isha dire: "Celui qui n'a pas eu le désir le proclamer la grandeur de Dieu (takbir) à l'ouverture de la prière et de le faire en communauté, celui-là a très peu d'aspiration à la prière."

J'ai entendu Abu Muhammad dire qu'il avait entendu 'A'isha dire : "La raison ('aql) du Connaissant est le miroir de son coeur, son coeur est le miroir du croyant des son âme, son esprit est le miroir de son intellect, son secret est le miroir de son esprit; la réussite réside dans la lumière illuminant ce miroir, on peut différencier le vrai du faux."

J'ai entendu Abu Mansur Muhammad b. Ahmad b. 'Abdan al-Marwuzi dire dire qu'il avait lui-même entendu 'A'isha dire: "Jamais je n'ai mangé quoi que ce soit dont je ne me réjouisse, excepté ce que j'ai mangé en compagnie d'un indigent, ou à la manière d'un indigent, ou en contemplant nu indigent."

Je l'ai entendu dire également qu'il avait entendu 'A'isha qui disait : " Pas un des héros (fityan) n'a pensé à moi, quel que soit le lieu où il se trouve, sans que je n'aie ressenti en mon for intérieur une lumière, jusqu'à ce qu'il vienne me trouver. Si j'arrive à le servir dignement et à subvenir à ses impératifs, cette lumière devenait pour moi parfaite; si, au contraire, je négligerai son service, elle s'éteignait."

 

 

In "Femmes Soufies" de Sulami