Chaque année, à l'arrivée  du mois béni de Rabiî I (mois de la naissance du prophète paix et salut soient sur lui), le sujet de la commémoration de la naissance du prophète paix et salut soient sur lui (mawlid) resurgit et suscite un débat sur le statut légal de cette commémoration.

 

Force est de constater que, de nos jours, nombre de musulmans se posent des questions quant à la validité de la célébration du mawlid. Pourtant cela ne fait aucun doute que la commémoration de cet événement est une œuvre fortement recommandée et ce, pour les raisons suivantes :

 

 

  1. Cette fête permet de renouveler les sentiments d’amour envers le prophète paix et salut soient sur lui. Un amour qui représente une condition pour parfaire sa foi, selon ce que Muslim et Al Bukhari ont rapporté dans le hadith authentique du prophète paix et salut soient sur lui où il dit : « Aucun d'entre vous n'a véritablement la foi, à moins qu'il ne m'aime plus qu'il n'aime son père, ses enfants et tous les hommes ». Les compagnons n’avaient pas besoin de fêter sa naissance car il était encore parmi eux. De nos jours, cette commémoration est d’autant plus indispensable que nous nous sommes de plus en plus éloignés de son enseignement et des valeurs nobles qu’il a tachées de transmettre. 
  2. Le prophète paix et salut soient sur lui a été, lui-même, le premier à avoir fêté sa naissance. En effet, Muslim a rapporté dans son authentique que le prophète paix et salut soient sur lui faisait le jeûne chaque Lundi. Quand le prophète a été interrogé sur cela, il a répondu en disant : « C’est un jour où je suis né ». Ainsi, le prophète paix et salut soient sur lui commémorait le jour de sa naissance par le jeûne. La commémoration peut être également effectuée par toute sorte d’adoration comme l’invocation de Dieu et la prière sur le prophète paix et salut soient sur lui ainsi que la lecture du coran et la récitation de sa biographie et de ses nobles qualités.
  3. De plus, Allah le très haut dit : « Dis : Ceci provient de la grâce d'Allah et de sa miséricorde ; Voilà de quoi ils devraient se réjouir. C'est bien mieux que tout ce qu'ils amassent » (Yûnus, 58). Ibn Abas, l’interprète du Coran, qu’Allah les agrée a dit : la grâce d’Allah est la science et sa miséricorde est le prophète Mohamed paix et salut soient sur lui. Dieu dit à ce sujet : « Nous ne t’avons envoyé qu’en tant que miséricorde pour les univers » (S10, 58). Il s’agit donc d’une injonction claire de Dieu pour se réjouir de la miséricorde de Dieu incarnée dans le personnage du prophète paix et salut soient sur lui et la commémoration de sa naissance est une des modalités pour s’en réjouir. 
  4. Al Bukhâri rapporte dans son authentique un autre hadith relatant une longue histoire selon laquelle ’Abû Lahab ([1]) fut si heureux par la naissance de ce dernier qu’il affranchît son esclave Thuwaybah quand elle lui annonça la bonne nouvelle et que pour cela Allah allège son châtiment en Enfer chaque Lundi (le jour de sa naissance). Ibn Jazri, en commentaire de ce hadith, dit : « Si un mécréant qui a été condamné dans le Coran, est rétribué chaque Lundi pour avoir été heureux de la naissance du prophète paix et salut soient sur lui, qu’en est-il alors du musulman ? ». Le savant (hafidh) Shamsuddîn Muhammad Ibn Nâsir dit également dans ce sens : Si pour un mécréant condamné dont les deux mains en Enfer périront éternellement, il est établi que le jour du lundi le châtiment lui sera allégé pour sa joie pour Ahmad, que penser alors du serviteur qui, toute sa vie, fut heureux par Ahmad et mourut monothéiste ? ».

 

Saveurs Soufies - la rédaction


([1]) : Abû Lahab est un oncle du prophète paix et salut soient sur lui qui fut mécréant et qui ne crut guère à son message. Il affligea tant de malheurs au prophète ce qui lui coûta une menace du châtiment citée dans le Coran : « Que périssent les deux mains d'Abu-Lahab et que lui-même périsse. Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu'il a acquis. Il sera brûlé dans un Feu plein de flammes ».

 

Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournerons.

Ibn ‘Abbâs, que Dieu les agrée tous les deux (Ibn ‘Abbâs et son père), rapporte : « Quelqu’un demanda : « Ô Prophète, quelle est la meilleure personne auprès de laquelle on s’assoit ? » Il dit : « Celui dont la vue vous rappelle Dieu, dont les paroles ajoutent à votre science et dont les actes vous rappellent l’au-delà. » » rapporté par Abou Ya'lâ à  travers une chaîne authentique.

Ce hadîth s'applique parfaitement au maître spirituel Sidi Hamza al Qadiri comme nous l'avons bien connu qui a rejoint son Seigneur et bien aimé aujourd'hui à l'aube.

Sidi Hadj Hamza Al Qadiri fils de Sidi Al 'Abbâs petit fils du grand Mudjâhid Sidi Al Haj Al Mukhtâr a réuni en lui la noble lignée spirituelle qui remonte au Prophète Sidna Muhammad (paix et salut sur lui) , la transmission du secret de l'éducation spirituelle éclairée et équilibrée et la science religieuse authentique. 

Nous l'avons connu humble, aimant et respectueux scrupuleusement de la loi de Dieu. Les grands savants du monde musulmans sont venus "apprendre" de lui, nous nous rappelons du grand Muhaddith Sidi Abdelaziz Ibn Seddiq qui est venu prendre de lui la Voie, des grands savants d'Al Qarawiyyine, de Zaytouna , d'Al Azhar (tout récemment pendant ce dernier Mawlid Dr Yousri Jabr) et d'autres sommités qui ont tous témoigné de ses vertus et de ses valeurs nobles...

Il incarnait ce bel Islam d'Amour, de respect de l'autre et de paix dont nous avons grand besoin en ces temps troubles..."Ses Livres sont ses disciples". Il a éduqué plusieurs générations et les a amené vers le chemin du repentir sincère,du détachement de tout ce qui n'est pas Dieu et de l'Amour pur pour Dieu ,  Son Prophète (paix et salut sur lui) et même de toutes les créatures.  Parmi ses belles sagesses qui ont transformé notre vie: "Quand le coeur du disciple se purifie et s'illumine par l'invocation d'Allah, il ne voit dans le monde manifeste que Sa beauté, les créatures sont en réalité la porte et le voile". Il nous rappellait constament la nécéssité de purifier nos intentions (Ikhlâs) pour Allah," adore Allah comme si tu le voyais car certes si tu ne le vois pas, Lui te voit!"

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La sainteté (al-wal?ya) 

 « N’est-il pas vrai que les protégés (awliya?) de Dieu ne connaissent ni la peur ni l’affliction ? »[1]

 

 

« En de telles circonstances [on voit bien] qu’il n’est de protection (wala?ya) qu’en Dieu. Récompensant mieux [que quiconque, Il est garant de] la meilleure issue. »[2]

 

Étymologie 

     La traduction en langue française des termes wala?ya et wali? par « sainteté » et « saint », si elle est communément et largement acceptée, présente cependant une exactitude : l’idée de « sainteté » qui appartient au Christianisme ne se trouve pas dans la racine arabe W-L-Y, qui contient essentiellement l’idée de « proximité ». Par contre, la réalité que ces deux formes traditionnelles (le Christianisme et l’Islam) désignent par deux notions différentes est le même.

     Comme le souligne Michel Chodkiewicz, deux familles de significations dérivent du sens premier de « proximité » attaché à la racine W-L-Y : « être ami », d’une part, « gouverner, diriger, prendre en charge », d’autre part. Le wali?, c’est donc proprement l’« ami », celui qui est proche mais aussi, comme le souligne par exemple Ibn Manzu?r dans le Lisa?n al-arab, le na??ir, « celui qui assiste », le mudabbir, « celui qui régit ».[3]

 

Origine du terme 

     Les élaborations doctrinales des notions de wali? et de wala?ya partent d’abord du Coran, puis du ?adith. D’après Hujwiri? (11e siècle) dans son Kashf al-ma?ju?b[4], c’est Hakim Tirmidhi? (m. 930) qui, le premier, aurait introduit le vocable wala?ya dans le lexique technique du soufisme.

 

 

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L’état de servitude (al-ubu?diyya)

 

 

 

 

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« Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude ! » [Sourate al-?ijr, 15:99].

 


      Al-
ubu?diyya désigne d’une manière générale l’état de servitude caractéristique de la condition d’être créé et opposé à l’état de Seigneurie (rubu?biyya) qui appartient au seul Créateur (al-rabb). L’imam Qushayri? (m. 465/1074) et l’imam Ibn Aji?ba (m. 1224/1809) distinguent tous deux trois degrés dans l’état de servitude.

     C’est ainsi que l’imam Qushayri? rapporte la parole suivante du maître Abu? Ali? al-Daqqa?q: « L’obédience (ou la servitude) est plus complète que l’observance (iba?da). Le premier degré est l’observance (iba?da), le deuxième l’obédience (ubu?diyya), et le troisième la dévotion (ubu?da). La iba?da est pour le vulgaire, la ubu?diyya est pour l’élite, et la ubu?da est pour les élus de l’élite. » Il a dit également : « La iba?da est pour ceux qui possèdent la science de la certitude, la  ubu?diyya est pour ceux qui possèdent l’œil de la certitude, et la ubu?da est pour ceux qui possèdent la réalité de la certitude. » 

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Basé sur le chapitre « Le contentement » du livre Haqâ-iq ‘ani attassawwuf du cheikh Abdelkader ‘Issa

Le contentement (arrida), est un état du cœur. Le croyant, qui atteint cette station, est capable d’affronter les aléas de la vie et les problèmes avec foi, sérénité et un cœur apaisé. Il pourrait même aller au-delà de cela en ressentant de la joie à la rencontre des choses prédestinées, grâce à la connaissance de Dieu et son amour sincère envers Lui.

 

Sidi Ahmad Ibn ‘ajîba nous définit succinctement « ArriDâ »:

 « Le contentement est d’accueillir les fatalités avec un visage souriant, ou une joie du cœur à l’arrivée du destin, ou de laisser le choix à Dieu dans ce qu’il entreprend et décide, ou une dilatation intérieur et la non objection de ce qui vient de la part de l’Unique tout Puissant ».

(Glossaire de la terminologie soufie du Shaykh Sidi Ahmad Ibn ‘Ajiba)

Le savant Albakrâwî raHimahu Allah disait aussi : 

 « Le contentement est le bien être intérieur, quelque soit ce qui l’atteint ou le dépasse, sans changement ».

Le contentement est plus noble que la patience, c’est en effet une paix spirituelle qui fait aimer au croyant tout ce qui plait à Dieu. Il voit même les épreuves de la vie comme étant un bien et une miséricorde.