Au Nom du Clément Miséricordieux
Testament béni

Louanges à Allah Seigneur des mondes, et prière et paix sur Seyyiduna Muhammad le prophète fidèle et respectueux du dépôt, la miséricorde offerte aux mondes, le meilleur guide jusqu’au jour de la résurrection et du jugement ; sur sa famille et sa descendance purifiées, et qu’Allah agrée tous les savants consciencieux qui invoquent Allah abondamment parmi le nombre (multitude d’élus) autorisé (par Allah) et le groupe des héritiers (muhammadiens).

La voie qui guide vers Allah, et le chemin qui mène vers Lui par l’enseignement de l’invocation est – chez les gnostiques (connaisseurs) à travers toutes ses stations – la voie la plus droite et l’itinéraire le plus clair, elle est chez ceux qui ont goûté les délices de la foi, la plus grande guidance et la plus réussie des méthodes.

C’est dans la voie que se dissipe les voiles des cœurs de ceux qui s’y apparentent, et où les ennuis disparaissent . C’est par la voie qu’on atteint, dans l’enceinte de la Subtilité (Bienveillance) et la Protection, les stations des purs.
C’est à travers elle qu’on parvient à la science qui permet d’adorer Allah véritablement avec une sincérité (culte sincère) épurée des tracas.
Après tout ce qui est au-delà (après), jusqu’à l’infini, il n’y a d’existence que pour Allah, et avant tout ce qui précède (est avant), jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de connaissance (conscience), il n’y a d’existence que pour Allah.

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L’état de servitude (al-ubu?diyya)

 

 

 

 

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« Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude ! » [Sourate al-?ijr, 15:99].

 


      Al-
ubu?diyya désigne d’une manière générale l’état de servitude caractéristique de la condition d’être créé et opposé à l’état de Seigneurie (rubu?biyya) qui appartient au seul Créateur (al-rabb). L’imam Qushayri? (m. 465/1074) et l’imam Ibn Aji?ba (m. 1224/1809) distinguent tous deux trois degrés dans l’état de servitude.

     C’est ainsi que l’imam Qushayri? rapporte la parole suivante du maître Abu? Ali? al-Daqqa?q: « L’obédience (ou la servitude) est plus complète que l’observance (iba?da). Le premier degré est l’observance (iba?da), le deuxième l’obédience (ubu?diyya), et le troisième la dévotion (ubu?da). La iba?da est pour le vulgaire, la ubu?diyya est pour l’élite, et la ubu?da est pour les élus de l’élite. » Il a dit également : « La iba?da est pour ceux qui possèdent la science de la certitude, la  ubu?diyya est pour ceux qui possèdent l’œil de la certitude, et la ubu?da est pour ceux qui possèdent la réalité de la certitude. » 

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La sainteté (al-wal?ya) 

 « N’est-il pas vrai que les protégés (awliya?) de Dieu ne connaissent ni la peur ni l’affliction ? »[1]

 

 

« En de telles circonstances [on voit bien] qu’il n’est de protection (wala?ya) qu’en Dieu. Récompensant mieux [que quiconque, Il est garant de] la meilleure issue. »[2]

 

Étymologie 

     La traduction en langue française des termes wala?ya et wali? par « sainteté » et « saint », si elle est communément et largement acceptée, présente cependant une exactitude : l’idée de « sainteté » qui appartient au Christianisme ne se trouve pas dans la racine arabe W-L-Y, qui contient essentiellement l’idée de « proximité ». Par contre, la réalité que ces deux formes traditionnelles (le Christianisme et l’Islam) désignent par deux notions différentes est le même.

     Comme le souligne Michel Chodkiewicz, deux familles de significations dérivent du sens premier de « proximité » attaché à la racine W-L-Y : « être ami », d’une part, « gouverner, diriger, prendre en charge », d’autre part. Le wali?, c’est donc proprement l’« ami », celui qui est proche mais aussi, comme le souligne par exemple Ibn Manzu?r dans le Lisa?n al-arab, le na??ir, « celui qui assiste », le mudabbir, « celui qui régit ».[3]

 

Origine du terme 

     Les élaborations doctrinales des notions de wali? et de wala?ya partent d’abord du Coran, puis du ?adith. D’après Hujwiri? (11e siècle) dans son Kashf al-ma?ju?b[4], c’est Hakim Tirmidhi? (m. 930) qui, le premier, aurait introduit le vocable wala?ya dans le lexique technique du soufisme.

 

 

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     Le siy?m khus?s al khus?s (le jeûne de l'élite de l'élite) est le jeûne du cœur qui se détourne des préoccupations mondaines et des pensées vaines et qui fuit tout autre qu'Allah (swt).
     La rupture est réalisée lorsque la pensée se porte sur un autre qu'Allah, ou sur autre chose que le Jour du Jugement Dernier. A titre d'exemple, le simple fait de s'inquiéter de ce avec quoi l'on va rompre le jeûne met un terme au siy?m khus?s al khus?s, car il s'agit là d'un manque de confiance en Allah qui a promis la subsistance. On voit l'exigence de ce niveau de jeûne, il n'y a donc pas grand choses d'autre à préciser, il se résume à l'orientation exclusive du cœur vers Dieu.

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Basé sur le chapitre « Le contentement » du livre Haqâ-iq ‘ani attassawwuf du cheikh Abdelkader ‘Issa

Le contentement (arrida), est un état du cœur. Le croyant, qui atteint cette station, est capable d’affronter les aléas de la vie et les problèmes avec foi, sérénité et un cœur apaisé. Il pourrait même aller au-delà de cela en ressentant de la joie à la rencontre des choses prédestinées, grâce à la connaissance de Dieu et son amour sincère envers Lui.

 

Sidi Ahmad Ibn ‘ajîba nous définit succinctement « ArriDâ »:

 « Le contentement est d’accueillir les fatalités avec un visage souriant, ou une joie du cœur à l’arrivée du destin, ou de laisser le choix à Dieu dans ce qu’il entreprend et décide, ou une dilatation intérieur et la non objection de ce qui vient de la part de l’Unique tout Puissant ».

(Glossaire de la terminologie soufie du Shaykh Sidi Ahmad Ibn ‘Ajiba)

Le savant Albakrâwî raHimahu Allah disait aussi : 

 « Le contentement est le bien être intérieur, quelque soit ce qui l’atteint ou le dépasse, sans changement ».

Le contentement est plus noble que la patience, c’est en effet une paix spirituelle qui fait aimer au croyant tout ce qui plait à Dieu. Il voit même les épreuves de la vie comme étant un bien et une miséricorde.