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La sainteté (al-wal?ya) 

 « N’est-il pas vrai que les protégés (awliya?) de Dieu ne connaissent ni la peur ni l’affliction ? »[1]

 

 

« En de telles circonstances [on voit bien] qu’il n’est de protection (wala?ya) qu’en Dieu. Récompensant mieux [que quiconque, Il est garant de] la meilleure issue. »[2]

 

Étymologie 

     La traduction en langue française des termes wala?ya et wali? par « sainteté » et « saint », si elle est communément et largement acceptée, présente cependant une exactitude : l’idée de « sainteté » qui appartient au Christianisme ne se trouve pas dans la racine arabe W-L-Y, qui contient essentiellement l’idée de « proximité ». Par contre, la réalité que ces deux formes traditionnelles (le Christianisme et l’Islam) désignent par deux notions différentes est le même.

     Comme le souligne Michel Chodkiewicz, deux familles de significations dérivent du sens premier de « proximité » attaché à la racine W-L-Y : « être ami », d’une part, « gouverner, diriger, prendre en charge », d’autre part. Le wali?, c’est donc proprement l’« ami », celui qui est proche mais aussi, comme le souligne par exemple Ibn Manzu?r dans le Lisa?n al-arab, le na??ir, « celui qui assiste », le mudabbir, « celui qui régit ».[3]

 

Origine du terme 

     Les élaborations doctrinales des notions de wali? et de wala?ya partent d’abord du Coran, puis du ?adith. D’après Hujwiri? (11e siècle) dans son Kashf al-ma?ju?b[4], c’est Hakim Tirmidhi? (m. 930) qui, le premier, aurait introduit le vocable wala?ya dans le lexique technique du soufisme.

 

 

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Basé sur le chapitre « Le contentement » du livre Haqâ-iq ‘ani attassawwuf du cheikh Abdelkader ‘Issa

Le contentement (arrida), est un état du cœur. Le croyant, qui atteint cette station, est capable d’affronter les aléas de la vie et les problèmes avec foi, sérénité et un cœur apaisé. Il pourrait même aller au-delà de cela en ressentant de la joie à la rencontre des choses prédestinées, grâce à la connaissance de Dieu et son amour sincère envers Lui.

 

Sidi Ahmad Ibn ‘ajîba nous définit succinctement « ArriDâ »:

 « Le contentement est d’accueillir les fatalités avec un visage souriant, ou une joie du cœur à l’arrivée du destin, ou de laisser le choix à Dieu dans ce qu’il entreprend et décide, ou une dilatation intérieur et la non objection de ce qui vient de la part de l’Unique tout Puissant ».

(Glossaire de la terminologie soufie du Shaykh Sidi Ahmad Ibn ‘Ajiba)

Le savant Albakrâwî raHimahu Allah disait aussi : 

 « Le contentement est le bien être intérieur, quelque soit ce qui l’atteint ou le dépasse, sans changement ».

Le contentement est plus noble que la patience, c’est en effet une paix spirituelle qui fait aimer au croyant tout ce qui plait à Dieu. Il voit même les épreuves de la vie comme étant un bien et une miséricorde.

 

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Sache – qu’Allah te secoure ! - que le jeûne, c’est l’abstinence et l’exaltation. On dit du jour qu’il «jeûne» (sâma) lorsqu’il culmine. Imru-l-Qays a dit: «Lorsque le jour s’éloigne et jeûne», c’est-à-dire lorsqu’il atteint son sommet. Le jeûne a été appelé ainsi parce qu’il s’élève en degré au-dessus de toutes les autres oeuvres d’adoration. Il l’a élevé -gloire à Sa transcendance - en niant toute ressemblance entre lui et ces oeuvres.» Nasâ’î rapporte cette parole d’Abû Umâma : «Je m’approchai de l’Envoyé d’Allâh (saw) et lui dis : «Donne-moi un ordre que je prendrai directement de toi !» Il répondit: «Adonne-toi au jeûne, car il n’a pas de semblable». Le Très-Haut a dit à Son propre sujet : «Rien ne Lui est semblable». Le jeûne n’est pas un acte mais l’abandon d’un acte. La négation de toute ressemblance est elle-même un attribut négatif, ce qui renforce l’analogie entre le jeûne et Allah.

jardin d'une mosquée

La demeure du goût spirituel

 

Le goût (al-dhawq) est l'appréciation par le sens intérieur et extérieur de ce qui est convenable et de ce qui est incompatible. Mais il faut noter que ce terme n'est pas entendu au sens gustatif dans la langue du Coran et celle des arabes.

 

Il est rapporté dans les recueils de hadiths authentiques que le Prophète (que la paix et la bénédiction soit sur lui) a dit :

"Goûte à la nourriture de la foi celui qui agrée Dieu comme Seigneur, l'Islam comme religion et Mohammed comme messager."

Il a donc indiqué que la foi a une saveur et que le coeur la goûte comme la bouche goûte la nourriture et la boisson.

 

La « science de la certitude » est ce qui résulte de la démonstration (burhan)

La « vision de la certitude » est ce qui résulte du dévoilement (kashf) et de l'évidence (bayan)

La « vérité de la certitude » est ce qui résulte de la vision contemplative et essentielle (shuhud wa iyan)

La science de la certitude est réservée aux intellectuels parmi les croyants ; la vision de la certitude appartient à ceux qui sont dotés d'intuitions mystiques parmi les aspirants à la vision directe ; et le vérité de la certitude appartient à ceux qui sont enracinés et fermement établis dans la station de l'excellence.

On peut illustrer cette gradation par une comparaison : l'homme qui aurait entendu parler de la Mecque sans l'avoir jamais vue sait, par la science de la certitude, que cette ville existe ; puis, lorsqu'il s'en approche et l'aperçoit, mais sans y pénétrer, il acquiert la vision de la certitude ; enfin lorsqu'il entre dans la ville, en découvre les rues et les sites, il possède la vérité de la certitude.

Ainsi en est-il pour la connaissance du Vrai – Exalté soit-il !: les gens du voile cherchent des indications qui les mènent à la science de la certitude ; les gens du voyage parmi ceux qui aspirent à l'extinction dans l'Essence obtiennent la vision de la certitude au moment où ils sont illuminés par les lumières du monde spirituel et où les ténèbres des formes sensibles se retirent d'eux ; ils demeurent néanmoins dans la stupéfaction de l'extinction, sans s'établir durablement dans la vue du Vrai.

Quand enfin cette vue les saisit à jamais et qu'ils s'enracinent solidement dans la connaissance, ils obtiennent la vérité de certitude : c'est alors le bienfait suprême et le comble de la béatitude.

Que Dieu nous accorde la grâce de compter parmi ces favorisés !

 

In "L'ascension du regard vers les réalités du soufisme" de Ibn Ajiba