"« Il y a dans le dhikr plus de cent avantages
1 - Il chasse Satan, le réprime et le brise.
2 - Il entraîne l'agrément de Dieu .
3 - Il élimine les soucis et les angoisses du coeur.
4 - Il apporte au coeur la joie et l'allégresse.
5 - Il illumine le visage et le coeur.
6 - Il fortifie le coeur et le corps.
7 - Il attire la subsistance.
8 - Il revêt l'invocateur de respect, de douceur et d'aspect agréable.


Les Avantages du Dhikr d'Allah par ibn Qayyim al Jawziya

al Shaykh Abd al Qadir Isa rahimahullah dit dans son livre Haqaiiq at Tasawuf au chapitre sur les bienfaits du dhikr :

Ibn al-Qayyim al-Jawziyya a dit [dans son livre Al-wâbil assayib minal kalâm at-tayyab] à propos des avantages du dhikr:

« Il y a dans le dhikr plus de cent avantages

1 - Il chasse Satan, le réprime et le brise.

2 - Il entraîne l'agrément de Dieu .

3 - Il élimine les soucis et les angoisses du coeur.

4 - Il apporte au coeur la joie et l'allégresse.

5 - Il illumine le visage et le coeur.

6 - Il fortifie le coeur et le corps.

7 - Il attire la subsistance.

8 - Il revêt l'invocateur de respect, de douceur et d'aspect agréable.

9 - Il fait acquérir l'amour qui est l'esprit de l'Islam, le moteur de la religion et l'axe du bonheur et du salut. Dieu a suscité une cause à chaque chose et celle de l'amour (de Dieu) est inscrite dans la continuité de la pratique du dhikr. Celui qui veut gagner l'Amour de Dieu doit Le mentionner souvent. C'est que le dhikr est la porte de l'amour, son plus grand symbole et sa voie la plus droite.

10 - Il fait acquérir à l'invocateur l'autocensure (l'auto-observation) et le fait de s'introduire dans la porte qui mène au degré de l'ihssan (la perfection). Ainsi, il adorera Dieu comme s'il Le voyait. Il n'y a donc à l'insouciant aucune autre issue vers le rang de l'ihssan que celle du dhikr, de la même manière que celui qui demeure assis ne pourra jamais rejoindre sa maison (qu'en marchant).

11 - Il fait obtenir la qualité de « la remise confiante à Dieu dans toutes ses affaires » c'est-à-dire le retour à Dieu. Et celui qui se retourne souvent vers Dieu au moyen du dhikr, verra son coeur se tourner vers Dieu en toutes circonstances. Dieu devient ainsi son refuge et asile, son Protecteur contre les calamités et les malheurs de la vie.

12 - Il héritera une place rapprochée de Dieu. Ainsi en fonction de l'ampleur de son dhikr se situe sa position par rapport à Dieu. C'est dire que plus son dhikr est abondant, plus il se trouve dans la proximité de Dieu et plus son insouciance s'accroît, plus son éloignement s'accentue.

13 - Il lui ouvre une des plus grandes portes de la connaissance. C'est à dire que son savoir grandira au fur et à mesure que ses invocations se multiplieront.

14 - Il lui procure le respect mêlé de crainte de son Seigneur, Sa magnificence en raison de l'emprise que le dhikr a sur son coeur, et de sa présence constante avec Dieu. C'est le contraire de l'insoucian dont le voile du respect mêlé de crainte est trop épais dans son coeur.

15 - Il lui procure la mention que Dieu fera de lui, comme l'indique ce verset :

« Souvenez-vous de Moi et je Me souviendrai de vous » (Coran, 2/152).

S'il n'y avait que cela comme bienfaits du dhikr, cela suffirait comme mérite et noblesse.

Le Prophète -que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a rapporté ce que son Seigneur a dit :

« Celui qui se souvient de Moi en lui-même, Je Me souviendrai de lui en Moi-Même. Celui qui se souvient de Moi dans une assemblée, Je Me souviendrai de lui dans une assemblée meilleure. » [Cité par Bukhârî]

16 - Il réconforte la vie -même- du coeur. J'ai entendu le chaykh al-islâm Ibn Taymiyya dire : « Le dhikr est au coeur ce que l'eau est au poisson. Quel serait l'état du poisson s'il quittait l'eau ? »

17 - Il évacue la rouille du coeur. Chaque chose a sa rouille et celle du coeur, c'est l'insouciance et les passions irréfléchies ; et son polissage se fait par le dhikr, le repentir et la demande du pardon à Dieu.

18 - Il efface les fautes et les élimine complètement. Il compte au nombre des plus grandes oeuvres et celles-ci chassent inévitablement les mauvaises actions.

19 - Il détruit l'appréhension (al wahchat) qui sépare l'adorateur de son Seigneur. C'est que entre l'insouciant et Dieu, il y a une cloison (appréhension) qui ne peut être effacée que par le dhikr.

20 - Lorsque le serviteur fait la connaissance de Dieu à travers son dhikr pendant les jours heureux, il le connaîtra aussi pendant les jours sombres. En effet, lorsque le serviteur obéissant, qui invoque Dieu, est gagné par l'adversité ou demande à Dieu de satisfaire un de ses besoins, les anges disent :« Ô Seigneur ! C'est une voix connue d'un serviteur connu." Par contre, quand l'insouciant appelle Dieu et lui demande quelque chose, les anges disent: « Ô Seigneur ! C'est une voix inconnue qui provient d'un serviteur inconnu. »

21 - Il sauve du châtiment de Dieu, comme l'a indiqué Mu'âdh : « Il n'y pas meilleur salut vis-à-vis du châtiment de Dieu que le dhikr de Dieu. » [Cité par Tirmidhi.] - C'est la cause qui fait descendre la sérénité (sakîna), celle de la manifestation de la miséricorde et l'attirance des anges autour des invocateurs, comme nous en a informé l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix -.

23 - Il occupe la langue, et de ce fait celle-ci ne commet pas de calomnie et médisance, ni de mensonge, ni turpitude ni de vaines choses. C'est que l'homme est obligé de parler. Donc s'il n'occupe pas sa langue à invoquer Dieu et à rappeler Ses prescriptions qu'il met en pratique, il lui donne toute la latitude pour verser dans le langage prohibé. Or, il n'y a pas de voie plus salutaire pour se débarrasser de toutes les formes d'insanité, que le dhikr. Les témoignages et les expériences le prouvent. En effet, celui qui habitue sa langue à invoquer Dieu, il la protège dès lors de ce qui est vain et des propos malsains.

Par contre, celui dont la langue omet le dhikr, il se laisse aller à la malfaisance et à l'immoralité. Il n'y a de force et de puissance qu'en Dieu.

24 - Les assemblées du dhikr sont aussi celles des anges. Quant à celles des paroles oiseuses et de la dissipation d'esprit, elles relèvent du domaine des démons. Que le serviteur opte pour ce qui lui convient. Son choix l'accompagnera toute sa vie et ira avec lui dans la vie dernière.

25 - L'invocateur éprouvera du bonheur avec son dhikr. La même sensation sera ressentie par celui qui prendra place à ses côtés. C'est là l'homme béni, là où il se trouvera. Quant à l'insouciant, son absence d'esprit et ses paroles inutiles le rendront malheureux. Celui qui le côtoiera 'souffrira des mêmes effets.

26 - Le dhirk préserve le dhakir des regrets du jour du jugement. C'est parce que la participation à toute assemblée, où le Seigneur n'est pas invoqué, sera source de regret et de désolation dans le jourdu jugement.

27 - Pour les larmes versées, (lors du dhikr) à l'abri de tous les regards, Dieu mettra son serviteur à l'ombre de Son Trône pendant la grosse chaleur du Jour de la résurrection.

28 - Se préoccuper du dhikr procure à l'évocateur une faveur de la part de Dieu, meilleure que celle qu'Il donne aux demandeurs. Selon Omar Ibn al-Khattâb, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : « Dieu dit : A celui qui est occupé par la lecture du Coran et par Mon dhikr, Je lui donne plus que ce que Je donne aux demandeurs. »

29 - Le dhikr est la plus facile des pratiques cultuelles mais il compte au nombre des plus magnifiques et des plus profitables. C'est que le mouvement des lèvres est plus aisé que celui des membres. Alors que si quelqu'un se met à bouger un de ces membres nuit et jour comme le dhakir (l'invocateur) bouge sa langue, cela l'épuiserait et le fatiguerait, et il lui serait impossible de continuer.

30 - Il constitue la pépinière du Paradis. Tirmidhi a rapporté ce bon témoignage de 'Abd Allâh Ibn Mas`ûd : « L'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : « J'ai rencontré, au cours de mon ascension nocturne, Ibrâhîm al-khalîl qui m'a dit : « Ô Mohammad ! » Transmet mon Salam (mes salutations) à ta Communauté. Apprend-leurs que la terre du Paradis est pure (tayyibah), que son eau est d'une agréable saveur, qu'elle est formée de terrains encaissés et que les plantes de sa pépinière sont : Gloire à Dieu ! (subhana Allah) Louange à Dieu ! (alhamdou lillah) Il n'y a de dieu que Dieu (la ilaha illa allah) et Dieu est le plus grand (Allahouakbar). » »

31 - Les dons et les faveurs de Dieu correspondant au dhikr ne sont égalés par aucune autre pratique de piété. Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadîth d'Abû Hurayra : « Celui qui dit cent fois par jour : « Il n'y a de dieu que Dieu, Unique et sans associé, à Lui le Royaume, à Lui la louange, et en, toute chose, Il est omnipotent » aura une récompense égale à l'affranchissement de dix esclaves ; il lui sera inscrit cent bonnes oeuvres et cent mauvaises oeuvres lui seront effacées. Il sera, ce jour là, préservé de Satan du matin jusqu'au soir. Personne n'obtiendra une telle faveur, sauf l'homme dont - l'oeuvre sera supérieure à la sienne.

L'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit aussi dans le même ordre« Celui qui dit un jour cent fois : Gloire à Dieu et Louange à Dieu, verra ces péchés effacés, même s'ils sont plus nombreux que l'é***e de la mer. »

32 - La continuité de l'invocation du Seigneur, Béni et Très-Haut, sécurise l'homme contre l'oubli, celui-ci étant une cause des peines endurées par le serviteur dans sa vie présente et sa vie future. Oublier le Seigneur, Glorieux et Très-Haut entraîne l'oubli de soi-même et de ses intérêts. Dieu dit :

« Ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Allah ; (Allah) leur a fait alors oublier leurs propres personnes ; ceux-là sont les pervers. » (Coran, 59/19)

33 - Le dhikr propulse le serviteur, qu'il soit allongé dans son lit, qu'il vaque à ses occupations au marché, qu'il soit malade ou en bonne santé et qu'il soit dans un état qui le baigne dans le bonheur et de douceur. Il n'y a rien qui puisse produire de tels effets à tous les moments et dans toutes les circonstances à l'exception du dhikr.

Le dhikr fait avancer le serviteur alors qu'il dort dans son lit, à tel point qu'il devance celui qui est éveillé et insouciant : l'un se réveille ayant devancé le cortège, tout en étant allongé dans son lit, l'autre se trouve le matin debout en arrière garde. Ce sont les faveurs de Dieu ; Il les octroie à qui Il veut.

On a rapporté qu'un des adorateurs de Dieu a été l'invité de quelqu'un. Il se leva la nuit pour prier alors que l'homme demeura allongé dans son lit. Le matin, l'adorateur dit à l'homme : « Le convoi t'a déjà précédé. » Il reçu cette réponse : « L'intérêt n'est pas de voyager toute la nuit et se retrouver le matin avec le convoi mais c'est de passer toute la nuit dans son lit et de se retrouver le matin à la tête du convoi. »

Il y a dans cet événement du vrai et du faux. Il n'est pas juste de dire que celui qui reste allongé précède celui qui se lève la nuit pour prier.

Certes, le premier a attaché son coeur à son Seigneur et a accroché la graine de son coeur au Trône. Son coeur a passé la nuit à tourner autour du Trône avec les anges. Il s'est retiré de ce monde et de ce qu'il contient. Ce qui l'a empêché de se lever la nuit, c'est peut-être, parmi d'autres motifs, la douleur, le froid ou la crainte de rencontrer un ennemi dans l'obscurité. Cependant, Dieu seul sait ce qui se passe dans son coeur.

Le second s'était levé la nuit pour prier et réciter le Coran. Il est possible que son cœur renfermait la duplicité, l'orgueil et la quête de l'honneur auprès des gens au lieu de désirer la Face de Dieu. Il est aussi possible que son coeur errait dans un lieu et que son corps se trouvait dans un autre endroit.

Il ne fait aucun doute que, dans ce cas, celui qui était resté endormi, en se réveillant, aura précédé deplusieurs étapes celui qui s'était levé pour prier.

34 - Le dhikr est à la tête des fondements de la religion. C'est la voie suivie par l'ensemble des soufis. C'est le manifeste de la Sainteté. Celui à qui Dieu ouvre la porte du dhikr, Il lui a, par là même, ouvert la Porte qui mène vers Lui. Aussi, il est tenu de se purifier avant d'accéder auprès de son Seigneur où il trouvera tout ce qu'il veut. En effet, s'il trouve Dieu, il trouve (en même temps) tout (ce qu'il désire avoir). Par contre, Si le Créateur (Dieu) lui fait défaut, il aura tout perdu.

35 - Le dhikr est un arbre et ses fruits sont la connaissance et les états (spirituels) que le novice aspire à atteindre. Il n'y a pas une autre issue pour cueillir ces fruits si ce n'est de l'arbre du dhikr. Et chaque fois que cet arbre grandit, ses racines s'enfoncent davantage dans le sol et ses fruits deviennent de plus en plus nombreux.

Le dhikr fait acquérir effectivement toutes les stations : de la station de l'éveil à celle de la réalisation de l'unicité de Dieu (tawhîd) [voir le livre de ibnQayyim "les sentiers des itinérants"] . Il est à la base de toutes les stations et la fondation sur laquelle elles s'édifient, de la même manière que le mur se construit et s'élève sur ses fondations ou que le plafond repose sur les murs.

C'est dire que si l'homme ne se réveille pas de son insouciance, il ne lui sera pas possible de traverser les étapes de son cheminement qui le conduira à Dieu. Et il ne peut se réveiller que par le dhikr, car l'insouciance est le sommeil du coeur et peut être sa mort.

36 - L'évocateur est proche de l'Invoqué. Celui-ci est avec lui. Cette présence est tout à fait particulière. Elle n'est pas la même que Sa présence par Sa science, qui est une présence générale (avec toutes ses créatures). Cette présence de Dieu avec le dhakir est une présence qu'accompagnent la proximité, la sainteté, l'amour, l'assistance et la guidance. Dieu dit :

« Certes, Allâh est avec ceux qui L'ont craint avec piété et ceux qui sont bienfaisants. » (Coran, 16/128)

« Allâh est avec les endurants. » (Coran, 8/66)

« Ne t'afflige pas car Allah est avec nous. » (Coran, 9/40)

De cette présence, l'invocateur retire beaucoup d'avantages comme l'indique ce hadîth quodsi:

«Moi, Je suis avec Mon adorateur aussi longtemps qu'il M'invoque et que ses lèvres bougent en me mentionnant. » [Cité par l'imam Ahmad, Ibn Maja, al Hâkim et Ibn Habbân qui l'a authentifié]

Et dans un autre récit, Il a dit : « Les gens qui M'invoquent font partie de Mon assemblée. Les gens qui Me remercient font partie de ceux auxquels J'ajoute des faveurs. Les gens qui M'obéissent figurent au nombre de ceux pour lesquels Je Me montre Généreux. Quant aux gens qui me désobéissent, Je ne les frustrerai pas de Ma miséricorde s'ils se repentent à Moi car Je serai leur Bien-Aimé. C'est que J'aime les repentants et J'aime les purifiés. Par contre, s'ils ne se repentent pas, Je serai le Médecin qui leur fera subir de dures et pénibles épreuves afin de les purifier de leurs défectuosités. » [Cité par l'imam Ahmad dans son musnad]

Le produit de cette présence (de Dieu) n'a rien de comparable. Il est tout à fait spécial et se distingue de la présence que Dieu offre aux bienfaisants et aux pieux. C'est une présence qu'aucune expression ne peut vraiment définir et qu'aucun attribut ne peut cerner. En fait, elle ne se saisit que par le goût.

37 - Le plus noble pour Dieu, parmi les gens pieux, est celui dont la langue reste constamment douce à force de L'invoquer, car il a craint Dieu dans Ses ordres et interdictions, et il a fait du dhikr son emblème, la crainte lui rapporte le Paradis et le sauve de la géhenne comme rétribution et récompense. En outre, le dhikr lui rapporte la proximité immédiate de Dieu... Telle est la position la plus noble.

38 - Il y a dans le coeur une dureté qui ne peut fondre qu'avec le dhikr. Le serviteur doit soigner la dureté de son organe par le dhikr.

Hammâd Ibn Zayd a rapporté ce qui suit :
« Un homme dit à al-Hasan :
- « Ô Abû Sa`îd ! Je viens me plaindre à toi pour la dureté de mon coeur.»
- « Dissipe-la au moyen du dhikr.» »

C'est l'insouciance qui renforce cette dureté. Mais si Dieu est invoqué, elle fond comme le ferait le plomb dans le feu. C'est un fait, il n'y a rien qui puisse dissoudre le durcissement des coeurs que le dhikr.

39 - Le dhikr est le remède qui guérit le coeur. La négligence en est sa maladie. Les coeurs sont malades. Le dhikr est leur remède et le moyen de leur guérison. Makhûl a dit : « L'invocation de Dieu est une guérison et l'invocation des hommes est un mal. »[Cité par al-Bayhaqi]

Il a été dit : « Si nous sommes malades, nous nous soignons avec Votre dhikr. Tantôt nous délaissons le dhikr et nous rechutons. »

40 - Le dhikr est le fondement et l'origine de la loyauté constante envers Dieu. Par contre, l'insouciance est le fondement et la source de l'hostilité envers Dieu. Le serviteur continuera à invoquer son Seigneur jusqu'à ce qu'Il l'aime et le mette sous Sa tutelle, et inversement, s'il continue à être indifférent, il se mettra à Le détester et à en faire un ennemi.

Al-Awzâ'î a dit : « Hasân Ibn 'Atiya a dit : Un serviteur ne peut mieux se faire l'ennemi de « son Seigneur qu'en détestant Son dhikr et ceux qui le pratiquent. Or, cette animosité naît de l'insouciance, et amène à honnir le dhikr de Dieu et à exécrer les gens qui font du dhikr. C'est alors que Dieu les prend pour ses ennemis tandis qu'Il prend les gens du dhikr sous Sa tutelle. » »

41 - Celui qui invoque Dieu avec constance entrera au Paradis en riant, selon le dire d'Abû ad-Dardâ « Ceux dont les langues demeurent humides par la mention de Dieu entreront au Paradis en riant. »

42 - Le dhikr est un barrage entre le serviteur et l'Enfer. Si une oeuvre ouvre à ce dernier un chemin vers la Géhenne, le dhikr s'érige en barrage sur ce chemin. Et si le dhikr est constant, complet, il devient un barrage solide et ferme que rien ne peut traverser...

43 - Tous les actes cultuels ont été institués pour se souvenir
(se rappeler, invoquer...) L'objectif de ces actes cultuels reste entre autres la réalisation constante du dhikr (souvenir, rappel invocation...) Dieu dit : « Accomplis la prière pour te souvenir de Moi (pour Mon dhikr).»


tiré de Al-wâbil assayib minal kalâm at-tayyab, d'Ibn ,Qayyim al Jawziyya. Ce qui attire l'attention, c'est que Ibn Atâ Allah al Iskandari a cité ces mêmes avantages dans son livre « Miftâh al falâh » (p.30). Il les a reproduits dans les mêmes termes d'Ibn al- ,Qayyim avec quelques variantes simples, sans pour autant altérer la référence originale. Or, c'est un fait qu'Ibn 'Atâ Allâh est mort en 609 h, alors que le décès d'Ibn al-Qayyim a eu lieu en 751 h


source: http://www.islam-sunnite.com/article-4530599.html"

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Pour les soufis, le cheminement spirituel ne peut être l’œuvre d’un homme isolé voué à lui-même, car il s’expose à des dangers de toutes sortes dont il n’a ni connaissance ni même conscience. Le maître spirituel devient alors une condition nécessaire pour cheminer.

Dieu nous enseigne : « Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu et cherchez un moyen d’accès vers Lui ; et luttez sur Sa Voie, peut-être parviendrez-vous au succès ! » (s.5, v.35)
Ce verset nous parle du cheminement spirituel. Tout d’abord la parole « Craignez Dieu » pour signifier qu’au début du cheminement, l’aspirant doit effectuer un retour sur lui-même et constater les défauts qui sont en lui pour se repentir.

En parlant du Prophète (S), Allah dit le Coran :


«Nous ne t'avons envoyé que par miséricorde pour les univers.» (Les Prophètes s.21, v.107).


D’autre part, dans la Sourate Younus, il est écrit :


«De la grâce d’Allah et de Sa miséricorde qu'ils se réjouissent donc !» (Younus s.10, v.58).


Il incombe donc à tous les musulmans et au-delà à toutes les créatures de se réjouir de la Naissance du Prophète (S). Un verset du Coran dit :


«Allah et Ses anges bénissent le Prophète. O vous, les croyants ! Priez pour lui et appelez sur lui le salut. » (Al-Ahzab s.33, v.56).


Allah nous recommande de prier sur le Prophète (S), et ce verset mentionne le pluriel, en assemblée. L’emploi du terme « O les croyants » sous-entend que celui qui ne prie pas sur le Prophète (S) n’est complètement croyant.


Les livres de Sira, notamment celui de Ibn Ishaq et dans celui d’Ibn Kathir, font référence à de nombreux événements extraordinaires qui se sont produits le jour de la Naissance de l’Envoyé de Dieu (S) : Le feu sacré détenu par les Zoroastriens qui n’avait pas cessé de brûler depuis des siècles, s’est subitement éteint - Un tremblement de terre s’est produit dans l’Empire de Chosrès - Une lumière entourant la mère du Prophète (S), Amina, a été aperçue par de nombreux témoins.


De nombreux hadiths marquent la prééminence du jour de la naissance du Prophète (S) sur les autres jours :


-Dans le sahih de Mouslim, il est rapporté qu’un Compagnon avait interrogé l’Envoyé de Dieu sur le jeûne du lundi et celui-ci avait répondu : «C'est en ce jour que je suis né et c'est en ce jour que j'ai reçu la prophétie.»


-Parlant de la grandeur du Vendredi, le Messager d’Allah a dit : «En ce jour, Allah créa Adam.» Ce jour est jugé comme spécial par la parfait que Sayyiduna Adam est né ce jour-là. Qu’en est-il alors du jour de la Naissance du dernier Prophète (S) ?


-L’Envoyé de Dieu a dit: «En vérité, Allah me fit le sceau des Prophètes pendant qu'Adam était entre eau et argile.». De la même manière, le jeûne surérogatoire du jour de Achoura fût institué en mémoire de Sayyiduna Mussa, puisque les juifs jeûnaient ce jour-là en commémoration du miracle qui sauva Sayyiduna Mussa et noya ses ennemis.


La célébration du Mawlid est une manière d’accroître notre amour pour le Prophète (S). Un verset du Coran ordonne au Prophète de proclamer son importance :


«Dis-leur: Si vous aimez Allah, suivez-moi et Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés. » (s.3, v.31).


La commémoration du Mawlid est aussi une occasion de se rappeler les vertus du Prophète (S) et d’essayer de les mettre en pratique de manière accrue. Allah affirme «En vérité tu es (O Mouhammad) d'un caractère sublime. » (s. 68, v. 4).


Un hadith rapporté dans le Sahih de Boukhari rapporte que le Prophète (S) a dit : « Aucun de vous n’est croyant jusqu’à ce qu’il m’aime plus que sa propre personne. »


Montrer de la joie pour la naissance du Prophète (S) est bénéfique, même pour les non-croyants. Ainsi il est rapporté dans le Sahih Boukhari : «Chaque Lundi Abou Lahab est libéré de son châtiment, dans sa tombe, parce que de son vivant il libéra sa servante Thouwayba lorsqu'elle lui rapporta la nouvelle de la naissance du Prophète (s) son neveu.».


Les biographes du Prophète (S) rapportent que de son vivant l’Envoyé de Dieu (S) appréciait les poètes qui faisaient son éloge. La plupart de ses panégyristes ont écrit des poèmes sur la naissance du Prophète (S). Par exemple : Ali, Fatima, Abou Bakr, al-Abbas etc…Ce dernier a laissé un poème où il écrit :


Lorsque tu es né, la terre brillait et le firmament contenait à peine ta lumière ! Grâce à cette splendeur, et à cette lumière, et à cette voie bien guidée, nous pouvons espérer traverser le chemin.


 


De nombreux savants ont donné leur avis concernant les bienfaits du Mawlid : Dans une fatwa restée célèbre, l’imam Suyuti écrit :


« Célébrer l’anniversaire de la Naissance du Prophète pour se réunir, réciter des passages du Coran, raconter les histoires concernant la naissance du Prophète et les signes qui l’ont accompagné, servir de la nourriture, est une bonne innovation ; et celui qui y participe recevra une récompense parce que cela implique de vénérer le degré du Prophète et d’exprimer de la joie pour son honorable naissance. »


Pour sa part, Ibn Taymiyya considère que “même s’il n’y avait aucune raison pour célébrer le Mawlid, il n’y aurait aucun raison contre.”


L’imam Subki a dit :


« Quand nous célébrons l’anniversaire de la Naissance du Prophète (S), une grande proximité envahie notre cœur et nous ressentons quelque chose de spécial. »


Le Cheikh Abu Shama, qui était le maître de Nawawi, a dit que le Mawlid était la meilleure des innovations (Bid‘a Hassaniyya). De grands savants comme Ibn Hajar, Ibn Jawzi, Nawawi et d’autres encore, ont approuvé et même rédigé de petits traités sur les bienfaits du Mawlid.




Equipe Saveurs Soufies

 

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Dans son livre « al-miftâh al-falâ», Ibn ‘Ata Allah écrit que le dhikr consiste à se libérer de la négligence et de l’oubli au moyen de la présence permanente du cœur avec le Vrai (al-Haqq).
Shaykh Abdel-Kader Aîssa, dans son « Fad’il ad-dhikr », écrit : "La pratique du dhikr est à l’origine de toutes les stations depuis celle de l’éveil jusqu’à celle de la réalisation de l’Unicité de Dieu. Et c’est par les fruits du Dhikr que les novices obtiennent leurs connaissances et leurs états. (…) Le dhikr est le fondement de chaque station."

Lorsqu’on s’acquitte de quelques devoirs prescrits par l’islam et qu’on s’écarte au mieux de certaines de ses proscriptions, un sentiment du devoir accompli puis d’autosatisfaction risque de surgir depuis les profondeurs de l’ego. Un tel sentiment prend des dimensions particulièrement dangereuses lorsqu’il est soutenu par la possession de connaissances religieuses rudimentaires, mais, surestimées par leurs détenteurs ou par ceux, d’entre les croyants naïfs, qui les écoutent et ne cessent de rehausser leur notoriété à des niveaux qu’ils ne méritent guère.


La pratique de l’islam ne se limite pas à la connaissance du licite et de l’illicite et au respect du cadre qu’ils tracent. L’islam est également une pratique spirituelle qui alimente l’âme pour lui apporter les éléments nécessaires à la construction d’une éthique exemplaire.


A travers les enseignements qu’ils dispensaient, nos érudits savants établissaient un équilibre entre les domaines exotériques et ésotériques de l’Islam. Ils procuraient ainsi au commun des musulmans une spiritualité forte, encadrée par les connaissances jurisprudentielles nécessaires au devoir de cheminement vers Allah .


L’abandon de cet équilibre engendre l’apparition d’individus auxquels manquent les règles basiques inhérentes au comportement islamique, ceci malgré leur respect minutieux de la jurisprudence. Pourtant, le prophète Mohamed a clairement rappelé que l’objectif principal de sa mission était de promouvoir un comportement exemplaire : « je n’ai été envoyé que pour parachever la bonne éthique ».


Les exactions commises autrefois par les dissidents - Al khawârij - ou aujourd’hui par leurs héritiers, restent le meilleur exemple pour comprendre les effets d’une démarche idéologique boiteuse qui n’a pas su donner au spirituel la place qu’il mérite dans l’éducation islamique.


Pendant la révélation, le Coran ne manquait pas de blâmer les compagnons du Prophète à chaque fois que la dimension temporelle l’emportait sur le spirituel. Ce fut le cas lors du triomphe de Badr, quand les préoccupations se sont tournées essentiellement vers la répartition du butin jusqu’à ce qu’éclate une polémique. Mieux aurait fallu qu’ils tournent leurs visages vers Allah afin de Lui témoigner leur reconnaissance et leur gratitude pour le soutien qu’Il leur a accordé avant et pendant la bataille.


Ainsi la révélation est venue leur rappeler la définition d’un croyant tel qu’il doit être : « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le Nom de Dieu est évoqué ; ceux dont la foi augmente quand ses versets leur sont récités et qui, en tout, s’en remettent à Lui ; ceux qui sont assidus à la salat et qui donnent en aumône une partie des biens que Nous leur avons accordés. Les voilà, les véritables croyants auxquels une place de choix auprès de leur Seigneur sera réservée, ainsi qu’une rémission et une généreuse récompense » (Sourate 8 : Al Anfâl ; V2-4).


Le premier critère mentionné dans cette définition est celui du frémissement du cœur à l’évocation d’Allah.

On retrouve le même critère lorsque, dix ans après le début de la révélation, Allah réprimanda les croyants en leur disant : « Le moment n'est-il pas venu pour ceux qui ont cru de remplir leurs cœurs d’humilité devant l’évocation de Dieu et ce qui a été descendu comme vérité. Ne doivent-ils pas éviter de suivre l’exemple de ceux qui avaient reçu le Livre avant eux et dont les cœurs se sont desséchés avec le temps, au point que beaucoup d’entre eux devinrent pervers » (Sourate 57 : Al Hadîd ; V16).


Le compagnon du prophète, Ibn Abbas, commentait ce verset en disant : « Dieu a trouvé une lenteur dans le cheminement des cœurs des compagnons dix ans après le début de la révélation ».
Le grand successeur Al Hassan Albasri commentait à son tour ce verset en disant : « Dieu a trouvé une lenteur dans le cheminement des cœurs des compagnons alors qu’ils font partie des humains les plus aimés par Lui ».


Si ce message coranique s’adressait à des croyants dont la foi, la piété et l’éthique n’ont pas d’égales, comment ne nous sentirions nous pas, aujourd’hui, concernés par cette réprimande ?


Nous sommes à une époque où l’évocation d’Allah, la lecture du Coran, les adorations rituelles et les exhortations spirituelles n’ont que peu d’effet sur nos cœurs. Ceux-ci sont devenus des réceptacles défaillants et desséchés par notre avidité dans la quête des moyens de jouissance éphémères. Ainsi, nos cœurs se trouvent souvent entachés par les péchés et l’inconscience au point de ne plus bénéficier des bienfaits de l’évocation d’Allah .


Lorsque Allah parle dans le Coran des négateurs du jour de la rétribution, Il nous dévoile la raison de leur égarement, celle-là même, qui risque de nous toucher un jour : l’endurcissement du coeur. Ainsi, Dieu dit : « [...] Pas du tout, mais leurs cœurs se sont couverts par ce qu’ils perpétraient. Qu'ils prennent garde ! En vérité ce jour-là - jour de la rétribution - un voile les empêchera de voir leur Seigneur » (Sourate 83 : Al Moutaffifin ; V 14-15).


Lorsque le Coran parle du cœur, il ne fait pas référence à cet organe de la circulation sanguine, mais il mentionne le siège des sentiments, des passions, de l’amour, du courage, de la générosité, des pensées intimes, …etc.


Lorsque le musulman ne prend pas soin de son coeur, lorsqu’il ne l’alimente pas continuellement avec des denrées spirituelles telles que la lecture du Coran, le rappel - addhikr - de Dieu, la méditation - attafakkour - sur la création …, la mort spirituelle devient imminente, le coeur devient cadenassé et la lumière de la foi s’éteint progressivement laissant le gouvernail à la passion qui ne peut mener qu’à la perte.

Une prise de conscience, à l’égard de ce danger, représente le premier pas dans une démarche constructive qui engage le croyant, corps et âme, dans une voie éducative spirituelle équilibrée. Telle est la seule entreprise capable de former un musulman dont le cœur est attendri et apte à réceptionner les gratifications divines.



Source : http://www.habous.gov.ma