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Sagesses et leçons du récit de l’ouverture de sa poitrine[1] 

 

     1- Le grand savant Ibn al-Munayyar a dit : « L’ouverture de sa poitrine – sur lui la grâce et la paix – et sa capacité à endurer cela est du même ordre que l’épreuve que Dieu infligea à celui qui fut offert en sacrifice[2] et qui endura celle-ci. Ce fut même plus pénible et plus éprouvant car le sacrifice ne fut que symbolique, tandis que l’ouverture de la poitrine s’est effectivement réalisée. De plus, elle s’est répétée à plusieurs reprises et s’est produite quand il était petit, orphelin et loin des siens.

 

 

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Réalise (intérieurement) quelles sont tes qualités, Il te gratifiera des Siennes ; sois conscient de ton humble condition (dhull), Il t’aidera de Sa Puissance (‘Izza) ; sois conscient de ton impuissance (‘ajz), Il t’assistera de Son Pouvoir (Qudra) ; sois conscient de ta faiblesse, Il t’appuiera de Sa Force (Hawl) et de Sa Vigueur (Quwwa)

 




Nous présentons ici la Hikma n°181 du recueil des paroles de sagesse. Dans cet aphorisme, Sidi Ibn ‘Atâ Allâh exhorte l’aspirant (à la Connaissance de Dieu) à réaliser intérieurement les attributs de la servitude (ubûdiyya), à savoir, la pauvreté spirituelle (al faqr), l’humilité et l’impuissance.

Dans cette Hikma, Sidi Ibn ‘Atâ Allâh dit : “Réalise (intérieurement) quelles sont tes qualités, Il te gratifiera des Siennes ; sois conscient de ton humble condition (dhull), Il t’aidera de Sa Puissance (‘Izza) ; sois conscient de ton impuissance (‘ajz), Il t’assistera de Son Pouvoir (Qudra) ; sois conscient de ta faiblesse, Il t’appuiera de Sa Force (Hawl) et de Sa Vigueur (Quwwa)”.

Sidi Ahmed Ibn ‘Ajîba entame son commentaire par le rappel d’un principe fondamental du Tawhid (attestation de l’Unité Divine) : à chaque attribut de la servitude (al ‘ubûdiyya) correspond son contraire, un attribut de la Seigneurie (Ar Rubûbiyya). Ainsi, face à la Richesse (Al Ghinâ) de Dieu, on trouve la pauvreté (spirituelle) du serviteur (al faqr). De même, la Puissance (Al ‘izz) de Dieu fait face à l’humilité du serviteur. Son Pouvoir (Al Qudra) s’oppose à l’impuissance (‘ajz) du serviteur. Enfin, la Force (Al Hawl) et la Vigueur (Al Quwwa) du Seigneur Tout-Puissant s’opposent à la faiblesse du serviteur.

 

« Le voyage […] dévoile le caractère des hommes » (Ibn ‘Arabî, De la connaissance des hommes).

 

« Tu es à jamais voyageur, de même que tu ne peux t’établir nulle part » (Ibn ‘Arabî, Illuminations de La Mecque).

 

Ibn ‘Arabî (né en 560/1165, mort en 838/1240), surnommé al-Shaykh al-Akbar, le plus grand des maîtres du soufisme et de la mystique islamique.

 

Dans ce traité, fondé pour l’essentiel sur l’interprétation du Coran, Ibn ‘Arabî se limite à mentionner les voyages accomplis par les prophètes, les voyages divins, les voyages des entités spirituelles. « Afin de montrer ce que l’on doit désirer comme voyage » (‘Arabî, 1994, p.11), il nous invite à suivre les voyages d’Enoch, de Noé, d’Abraham, de Loth, de Jacob et de Joseph, de Moïse et à bénéficier de leurs effets.

 

 

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L’état de servitude (al-ubu?diyya)

 

 

 

 

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« Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude ! » [Sourate al-?ijr, 15:99].

 


      Al-
ubu?diyya désigne d’une manière générale l’état de servitude caractéristique de la condition d’être créé et opposé à l’état de Seigneurie (rubu?biyya) qui appartient au seul Créateur (al-rabb). L’imam Qushayri? (m. 465/1074) et l’imam Ibn Aji?ba (m. 1224/1809) distinguent tous deux trois degrés dans l’état de servitude.

     C’est ainsi que l’imam Qushayri? rapporte la parole suivante du maître Abu? Ali? al-Daqqa?q: « L’obédience (ou la servitude) est plus complète que l’observance (iba?da). Le premier degré est l’observance (iba?da), le deuxième l’obédience (ubu?diyya), et le troisième la dévotion (ubu?da). La iba?da est pour le vulgaire, la ubu?diyya est pour l’élite, et la ubu?da est pour les élus de l’élite. » Il a dit également : « La iba?da est pour ceux qui possèdent la science de la certitude, la  ubu?diyya est pour ceux qui possèdent l’œil de la certitude, et la ubu?da est pour ceux qui possèdent la réalité de la certitude. »